Le suspens est hitchcockien ! Ce samedi 25 juillet 2026 des informations nous sont parvenues comme quoi les avionneurs Dassault Aviation en France et Tata en Inde finaliseraient un accord industriel majeur, reléguant au passage Hindustan Aircraft Limited au rang de sous-traitant. C’est donc ce géant qui assumerait les désormais fameux 84% du chantier Rafale F4 indien. L’industriel français aurait choisi d’avoir au maximum la main sur la sélection de ses partenaires en Inde, squeezant au passage les autorités locales et leurs intérêts propres.
Rien n’est jamais simple quand on vend des Rafale à l’Inde. Il faut savoir être patients, accepter que toutes les barres aient été mises au T et tous les points sur les I sans compter que chaque virgule et éventuel point virgule soit à sa place. C’est généralement uniquement à ce compte là que l’on peut espérer vendre le fleuron français à notre meilleur client en matière d’armement. C’est comme ça d’ailleurs que Dassault Aviation a ravi à Boeing et son F/A-18E/F Super Hornet le contrat visant à remplacer les MiG-29K Fulcrum-D de l’Indian Navy.
Sauf que là nous sommes sur une toute autre dimension. On parle de 114 exemplaires de l’avion de combat français. Ce qui ferait de l‘Indian Air Force le client majeur et historique du Rafale ; sachant qu’elle en possède déjà.
La signature de ce contrat maintes fois annoncées a été aussi souvent repoussées, et désormais nous savons pourquoi. Inutile d’accuser les Indiens il vaudrait mieux regarder du côté de… Saint-Cloud.
Pour autant la décision de Dassault Aviation se comprend. D’abord le contrat est avant tout mené au plus haut niveau, en accord G2G entre la présidence de la République Française et le cabinet primo-ministériel indien. Ce sont donc messieurs Emmanuel Macron et Narendra Modi qui ici tirent les ficelles. Ou tout le moins font-ils mines de le faire croire. Car en réalité le maître des horloges dans ce dossier s’appelle Eric Trappier. Le puissant et respecté patron du groupe Dassault a choisi lui-même les partenaires avec lesquels il va travailler en Inde, ceux qui assureront l’assemblage des précieux Rafale F4.
C’est donc grâce à lui, ou tout le moins sous son autorité, que l’historique constructeur Hindustan Aircraft Limited a été évincé au profit de Tata Aeronautics. Pourtant HAL c’est tout de même le constructeur local des Jaguar IS et des Su-30MKI Flanker-H. Ce n’est pas rien. Dans les faits le groupe Tata a le vent en poupe actuellement. Outre avec Dassault Aviation donc il travaille en très étroite collaboration avec Airbus Defence sur l’assemblage local des C-295W de transport tactique destinés au remplacement des légendaires Hawker-Siddeley HS-748 de l’Indian Air Force.
En Inde on continue d’essayer de rassurer les plus inquiets en indiquant que le premier lot de «Rafale F4 make-in India» sortira bien d’usines avant 2030 et que l’assemblage en cadence élevée débutera au alentours du premier semestre 2032 et s’échelonnera sur sept à huit ans. Les projections actuelles donnent toutes une signature du contrat au plus tard… pour la hotte du Père Noël.
Affaire à suivre.
Photo © Indian Air Force
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