Pour la première fois les Pacific Air Forces sont dotées du chasseur américain de 5e génération. Ce mardi 21 avril 2020 les personnels du 356th Fighter Squadron ont reçu leurs deux premiers exemplaires du Lockheed-Martin F-35A Lightning II. La mission de ces avions sera notamment la défense aérienne de l’Alaska face aux risques accrus d’intrusion d’avions-espions russes. Cette unité doit disposer de la totalité de ses chasseurs d’ici la fin de l’année prochaine.

À la différence des autres unités transformées récemment sur Lockheed-Martin F-35A Lightning II le 356th Fighter Squadron ne volait jusque là sur rien d’autre. En fait cet escadron américain a été réactivé spécialement pour l’avion furtif en octobre 2019. Il a été intégré au 354th Fighter Wing. Sa désactivation datait de juin 1992, époque à laquelle il volait sur Fairchild-Republic A-10A Thunderbolt II. C’est la première formation des Pacific Air Forces à recevoir ces nouveaux avions.

La mission première de ces F-35A Lightning II du 356th Fighter Squadron est la défense aérienne et notamment l’interception des avions hostiles. Pour cela ils sont basés à Eielson AFB dans le centre de l’Alaska. La base qui a été spécialement aménagée depuis l’automne dernier afin d’accueillir au mieux ces nouveaux chasseurs désormais en cours de réception. Deux simulateurs de vol ont également été fournis par le constructeur Lockheed-Martin tandis que plusieurs pilotes étaient formés à Luke AFB en Arizona, «l’école du F-35». Un total de cinquante-quatre avions furtifs doit être reçu d’ici à Noël 2021 en Alaska.

Remarquez les lettres AK sur le tail-code de l’avion marquant leur rattachement à l’Alaska.

À partir de ce mois de juin 2020 donc des patrouilles de F-35A Lightning II du 356th Fighter Squadron assureront les premières missions d’interception et de supériorité aérienne. Ils assureront ces missions au profit du commandement américano-canadien NORAD en parallèle avec leurs collègues du 3rd Wing, qui eux volent sur Lockheed-Martin F-22A Raptor.
L’Alaska devient donc le premier état américain dont la défense aérienne est totalement à la charge d’avions furtifs, des deux modèles en service dans l’US Air Force.

Or dans cet état la mission de police du ciel n’est pas une mince affaire. Elle est prise très au sérieux ! En effet que ce soit la zone d’identification de défense aérienne (ou ADIZ) autant que l’espace aérien souverain américain ils sont la cible fréquente de vols stratégiques russes. Les Ilyushin Il-38 «May» et Tupolev Tu-95 «Bear» frappés de l’étoile rouge et du drapeau tricolore titillent de plus en plus souvent la chasse américaine. Et parfois ces avions de reconnaissance et d’espionnage aéroporté sont escortés de chasseurs biréacteurs. Les équipages russes vont devoir désormais s’habituer aux F-35A Lightning II. Ça risque de les changer un peu des F-22A Raptor.

En attendant donc les pilotes du 356th Fighter Squadron s’exercent avec leurs collègues du 18th Agressors Squadron, également membres du 354th Fighter Wing. Leurs monoplaces General Dynamics F-16CG Fighting Falcon reproduisent le plus fidèlement possible les manœuvres de la chasse russe. Enfin quand celle-ci respecte ses propres règles d’engagement, et non pas quand elle les enfreint comme récemment. Une manière comme une autre pour se préparer à défendre le territoire nord-américain, autrement que dans un simulateur.

En attendant d’intercepter des Sukhoi Su-30 ou Su-35 le 356th FS s’exerce face aux F-16CG Agressors.

D’ici à leur première prise d’alerte de défense aérienne les pilotes de F-35A Lightning II alaskéens devront également avoir validé les procédures de ravitaillement en vol avec les équipages du 168th Wing. Ce sont en effet ces hommes et ces femmes de l’Air National Guard qui apporteront en vol le carburéacteur nécessaire à la bonne tenue des missions. Ils s’entraînent donc aux côtés de leurs antédiluviens Boeing KC-135R Stratotanker.

Photos © US Air Force.

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13 COMMENTAIRES

  1. Possible que les russes intensifient leurs vols de reconnaissance du coup. Ce sera un bon moyen pour eux d’en apprendre plus sur le F-35. F-22 plus F-35, un bon moyen aussi pour eux de tester différentes méthodes de détections. sur les avions furtifs….

  2. «  »Un total de cinquante-quatre avions furtifs doit être reçu d’ici à Noël 2021 en Alaska » ».
    Cela me parait beaucoup pour la défense de la seule Alaska !
    Les USA ne manquent pas de dollars !
    Quelle chance !

    • Ils peuvent avec 738 milliards de dollars alloué à la defense juste pour 2020, c’est 13 ans de budget français. Et encore vu le train de vie de cette armée qui doit être présente en masse sur les 4 coins de la planète, bloquer la Chine, la Russie, la Corée du Nord, l’Iran en plus de l’antiterrorisme traditionnel, c’est jamais assez. Plusieurs branches dont l’US Navy aimeraient plus.

  3. Je m’interroge sur les performances du F-35 afin d’assurer convenablement les missions de défense aérienne de cet immense État dont la superficie est grosso modo celle de la France.
    Sur les plaques d’immatriculation des véhicules de tourisme de cet État est écrit: « The Last Frontier ».

    • Je me posais la même question, sachant qu’à la base le F-35 est plus destiné à des missions d’attaque au sol qu’à de la supériorité aérienne au sein de l’USAF, qui a ses F-22 pour ça…
      Et les dernières infos indiquant que le F-35 (certes dans ses versions -B et -C) auraient de gros problèmes pour maintenir un vol supersonique plus de quelques minutes, et encore en n’allant pas au-delà de Mach 1,2 ne doit pas vraiment les rassurer..,

      • Faites attention à certains sites « aéronautiques » ou « défenses » qui font leur beurre en cassant du sucre sur le dos du Lockheed-Martin F-35, notamment dans les sites francophones. Ils ont choisi la facilité de tomber dans le bashing anti Lightning II, ce qui leur octroie un lectorat plus large notamment parmi celles et ceux qui ne jurent que par l’américanophobie la plus exacerbée. C’est pour cela que votre dernier commentaire jd666666 sur un autre sujet a été modéré car vous mettiez un lien vers un de ses sites.
        C’est un choix assumé de notre part que de ne pas faire de publicité pour les articles de ces gens là.

        • Pas de problème, je comprends que vous ne souhaitiez pas que l’on mette des liens vers d’autres sites.
          En revanche, puisque vous parlez du lien que j’ai indiqué, l’article citait une info du site américain Defensenews qui donne des infos plutôt exactes de ce que j’ai pu en lire (je ne vous mets pas le lien de l’article, vous saurez le retrouver si ça vous intéresse), et vous pourriez du coup faire votre propre article au sujet de ces nouveaux problèmes qui ont l’air assez sérieux puisque non corrigeables, ce qui montrerait que vous aussi êtes impartial, et non pro F-35 comme certains de vos posts peuvent parfois le laisser croire. 😉

        • L’impartialité sur le F-35 Lightning II n’existe pas, et n’étant pas journaliste je ne suis pas tenu de l’être donc non je ne vois aucune raison de faire un tel article. 🙂

  4. Si vous n’avez pas l’honnêteté de reprendre des infos défavorables au F-35, ne reprochez pas aux autres de faire du bashing contre ce même appareil

    • Ce que je reproche ce n’est pas le bashing mais le bashing systématique, bête et méchant. À croire que ces sites sont subventionnés pour que leurs rédacteurs aient une telle vision de l’avion américain. Et ce qui est rigolo c’est qu’on voyait le même bashing contre le Typhoon et le Rafale il y a 15 à 20 ans. Par contre bizarrement ces mêmes sites tressent des couronnes de lauriers dès lors qu’on parle des Sukhoi Su-35 et Su-57. Étrange non ?
      En ce qui me concerne le débat est clos, j’ai entendu vos arguments et vous ai opposé les miens.

  5. Je comprends l’attitude très négative de certains européens vis-à-vis le dossier F-35. Pour le contribuable canadien et le passionné d’aviation que je suis « la question qui tue » est: les performances du F-35 lui permettent-elles de remplir convenablement le rôle d’interception et de supériorité aérienne dans cet vaste État de l’Alaska et dans l’immense Canada? point final! Nous ne sommes pas dans le secret des dieux. La prémisse de base de la conception du F-35 semble être l’attaque au sol version XXIe siècle et les caractéristiques essentielles pour remplir la tâche de supériorité aérienne n’ont pas été pris en compte. L’Oncle Sam peut acheter plusieurs types d’aéronefs pour remplir les missions de combat mais les autres pays membres de l’OTAN doivent compter leurs sous. La crise du COVID-19 qui oblige le gouvernement canadien et celui des provinces a investir beaucoup de $ provoquera sans doute encore un étalement des dépenses en matière de défense.

  6. Je ne sais pas si mon commentaire passera (puisque lien externe…), mais pour ceux qui sont intéressé par le F-35 (les fans comme les détracteurs), un très bon débat proposé par l’IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’École militaire), « F-35, l’oiseau maudit », avec come intervenants Joseph Henrotin, rédacteur en chef du magazine DSI, et de David Pappalardo, lieutenant-colonel dans l’armée de l’air et ancien pilote de chasse, ayant commandé notamment le régiment de chasse « Normandie-Niémen ».
    https://www.irsem.fr/le-collimateur/f-35-l-oiseau-maudit-12-05-2020.html

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