Bon pas de grosse surprise dans cette annonce du gouvernement canadien. La compétition en vue de remplacer les 94 McDonnell-Douglas CF-188 Hornet s’est vraiment lancée depuis ce 31 juillet 2020, que l’on connait les nom des compétiteurs. Un challenge qui jusque là a plus fait parler de lui par les renoncements successifs de Dassault Aviation puis d’Airbus DS que le suspens réel du futur vainqueur qui américain ou suédois. Donc avec le Canada autant dire qu’il sera américain.

Actuellement l’Aviation Royale Canadienne aligne un total de 76 véritables McDonnell-Douglas CF-188 Hornet auquel il faut ajouter les 18 avions de seconde main  rachetés l’an dernier auprès de la Royal Australian Air Force. Des avions qui honnêtement doivent commencer à fatiguer car ils assurent quotidiennement la défense aérienne d’un des plus vastes territoires de la planète, sans compter qu’il peuvent filer occasionnellement des coups de main aux forces américaines dans le cadre du NORAD.
Le Canada n’étant pas un pays neutre ces CF-188 Hornet ont également participé à quelques opérations extérieures, comme récemment contre Daech en Irak.

Il est donc logiquement grand temps de les remplacer. D’où l’établissement du programme Future Fighter Capability. Celui-ci doit permettre la mise à la retraite des actuels McDonnell-Douglas CF-188 Hornet en 2025. Il faut qu’à cette date plus un seul de ces avions ne vole sous la fameuse cocarde à la feuille d’érable.
Et donc trois constructeurs ont répondu présents, représentant deux pays : les États-Unis et la Suède. Pour chaque avionneur il y a aussi logiquement des armuriers, équipementiers, et motoristes. Ce sont les suivants :

  • Boeing avec son F/A-18E/F Super Hornet qui est s’est adjoint les entreprises CAE, General Electric Canada, L3 Technologies, MAS Inc., Peraton Canada, et Raytheon Canada.
  • Lockheed-Martin avec son F-35A Lightning II qui de son côté travaille uniquement avec Pratt & Whitney.
  • Saab avec son JAS 39E/F Gripen qui englobe autour de lui Diehl Defence GmbH, KG Industries, MBDA, et Rafael Advanced Defense System.

On remarquera que si Lockheed-Martin travaille seul, en dehors de son motoriste, ce n’est pas le cas de Boeing et de Saab. Boeing d’ailleurs qui a soigneusement tenu à s’entourer d’entreprises canadiennes ou de filiales canadiennes d’entreprises américaines. L’enjeu de l’emploi local est très fort aujourd’hui dans les contrats d’armement. Et même si le F/A-18E/F Super Hornet fait figure de super favori son constructeur n’a visiblement pas voulu prendre de risque. Gageons que celui lui réussira.
Alors bien sûr il y a deux absents. Évidemment ni la Chine ni la Russie qui ne produisent aucun avion de combat permettant de satisfaire aux exigences canadiennes mais bien Dassault Aviation et Airbus DS.

Comment un tel contrat peut t-il exister en 2020 sans que le Rafale et le Typhoon ne soient en lice ? Simplement parce que leurs concepteurs se sont retirés du marché d’eux-même, le jugeant pipé et d’ores et déjà gagné par l’industrie américaine. C’est l’avionneur français qui a ouvert le bal suivi quelques semaines plus tard par son concurrent européen.
C’est dommage car que ce soit l’un ou l’autre ils auraient eu de la gueule sous marquages canadiens. Mais le réalisme l’a emporté sur le fantasme. On peut même se demander quelle mouche a piqué Saab de se maintenir dans ce jeu de dupes. Les Suédois n’ont aucune chance, leur avion n’est en plus sans doute pas taillé pour un territoire aussi vaste que celui du Canada.

Le suspens ne sera pas hitchcockien. Tous les observateurs confirment que le Lightning II devrait se faire écraser par le Super Hornet. Et cela n’a rien à voir avec les nombreux retards et les défauts inhérents au programme. C’est surtout que l’avion de Boeing est parfaitement adapté aux besoins de l’Aviation Royale Canadienne.

Photo © Aviation Royale Canadienne.

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3 COMMENTAIRES

  1. Et c’est la, grosse surprise pour tout le monde, le gripen est retenu, un avion conçu dans un pays froid, pour un pays froid, ca serait logique!

  2. @Wardog1: c’est logique pour la Suède, qui n’est pas un pays immense comme le Canada. Pour ma part, je pense que le point « mono-réacteur » est un critère éliminatoire, que ce soit pour le Gripen ou pour le F-35. Le Super Hornet a donc un boulevard devant lui…

  3. Le gouvernement canadien excelle dans l’art du niaisage (Action de faire traîner les choses en longueur pour éviter une décision) pour remplacer du matériel coûteux tels qu’aéronefs, navires de combat ou brise-glace. Ces retards dans la prise de décision provoque des frais supplémentaires importants que le payeur de taxes que je suis devra assumer. Quant aux 3 oiseaux en lice ma préférence en ordre décroissant est: le JAS 39E/F Gripen, le F/A-18E/F Super Hornet et en dernier le F-35A Lightning II. Celui-ci est un superbe avion pour l’attaque au sol mais pour la mission de supériorité aérienne son faible rayon d’action et son unique moteur ne convient pas à l’immensité du ciel canadien. Le Super Hornet pourrait convenir mais sa conception est plus ancienne que les autres prétendants. Et la polémique engendrée par Boeing à propos de la CSerie de Bombardier est encore présente dans nos mémoires. Le Gripen constitue à mon avis le meilleur choix pour ses qualités aéronautiques que pour les retombées économique. Que le Gripen soit un monoréacteur et celui-ci aurait des « pattes courtes » constitueraient des éléments pour rejeter la candidature de l’aéronef suédois est fallacieux. Un telle logique devrait également récuser pour les mêmes motifs le F-35!

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