À moins d’être totalement troglodyte ou bien d’être un redneck trumpiste il ne vous aura pas échappé que le 46e président des États-Unis sera Joe Biden. L’un des enjeux sur le domaine de la défense sera de poursuivre la modernisation des forces américaines, entamée sous Barack Obama et fortement réduite sous Donald Trump. Pour l’US Air Force cela va passer par le renouvellement de sa flotte d’hélicoptères d’entraînement. Et outre-Atlantique certains y voient une opportunité pour les industriels européens Airbus Helicopters et Leonardo.

Certes le remplacement des quarante Bell TH-1H Huey en service dans l’US Air Force ne sera pas une des priorités de la nouvelle administration, ces hélicoptères étant anecdotiques. Il s’agit au sein des forces américaines des derniers exemplaires du légendaire monoturbine apparu durant la guerre du Vietnam. D’ailleurs ils ne servent dans l’aviation américaine que depuis treize ans et demi, ayant été acheté de seconde main auprès de l’US Army et transformés en machines d’entraînement.

Sauf que tous les rapports parlementaires et les avis du Pentagone vont dans le même sens les concernant : les TH-1H Huey vieillissent très vite ! Trop même si on en croit l’US Air Force qui pense qu’ils ne pourront pas finir la décennie nouvelle. Beaucoup ont été produits au tout début des années 1970 et voient leurs cellules accuser le poids des ans.

En outre les instructeurs de l’US Air Force évoluant sur ces quarante Bell TH-1H Huey (et non Iroquois comme dans l’US Army) rappellent qu’ils forment de futurs pilotes destinés à voler sur des machines aussi perfectionnés que les actuels convertiplanes de transport CV-22B Osprey ou encore les tout nouveaux hélicoptères de recherches et sauvetages au combat HH-60W Jolly Green II. Le fossé technologique entre le Huey et ces deux machines est très conséquent.

Après quatre années de vache maigre sous l’administration Trump beaucoup fondent d’espoirs dans celle à venir de Joe Biden. Une extension de commande du Leonardo MH-139 Grey Wolf vers une variante d’entraînement ou bien l’acquisition d’une version adaptée de l’Airbus Helicopters UH-72B Lakota seraient bienvenues. Ces deux hélicoptères européens ont le vent en poupe aux États-Unis en raison d’un usinage sur le territoire américain.
Pour mémoire dans les premiers temps des discussion du contrat ayant débouché sur l’achat des MH-139 Grey Wolf le volet d’entraînement était présent, il fut finalement abandonné par les décideurs du Pentagone.

La lettre O au début du tail-code de ce TH-1H Huey indique que selon l’US Air Force cet hélico est « obsolète ». Pourtant il vole quasi quotidiennement !

Reste en attendant que les pilotes-instructeurs et leurs élèves enchaînent les heures de vols sur leurs Bell TH-1H Huey, et cela grâce au travail acharné des mécanos qui les maintiennent en état de vol. Acteurs trop souvent de l’ombre ceux-ci font un travail remarquable pour s’assurer que leurs hélicos quasi quinquagénaires puissent quotidiennement prendre les airs dans la plus puissante force aérienne du monde.
C’est sûr que ces vieilles voilures tournantes n’y sont pas montrés en exemple par les recruteurs !

Photos © US Air Force.

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1 COMMENTAIRE

  1. Super article, Huey modernisé avec nez des N mais pas les nouvelle poutre de queue.
    Petite précision ce n’est pas la lettre O pour obsolète qui figure sur la dérive, mais le chiffre 0 qui identifie les machines ayant plus de 10 ans en service, passé l’année en cours . Bien qu’officiellement abandonné le 24 avril 1972 (certaine sources donne 1980) il reste visiblement encore attribué sur certains parc réduit d’aéronef, datant (commande FY) de cette époque
    le préfixe O est une légende née de lq confusion des O et 0, c’est d ailleurs pour cela que le préfixe 0 (zéro) a été abandonné.
    un petit article sur les serial numbers pourrais peut être intéresser vos lecteurs et apporter de la clarté dans cet ocean de chiffres abscons mais indispensable.
    bravo en tout cas

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