Sur ce coup là les Irakiens jouent aux vilains copieurs vis-à-vis des Émiratis mais pas avec la même échelle. Depuis plusieurs semaines Bagdad et Paris négocient l’exportation de quatorze chasseurs omnirôles Dassault Aviation Rafale F4 afin de renforcer les capacités de la force aérienne irakienne. On sait désormais que c’est une sorte de package que cette dernière souhaite acquérir puisque dix à douze hélicoptères biturbines Airbus Helicopters H225M devraient s’y ajouter. C’est donc une forme de retour aux sources pour ce pays qui fut un fidèle client de la France durant l’ère baasiste.

La volonté irakienne d’acquérir le chasseur français Rafale F4 se dessine de plus en plus. L’option d’un contrat en partie (voire en totalité) payé en nature via les richesses du sous-sol irakien est désormais officialisée. Pour faire simple Bagdad propose des avions de combat ultra-modernes contre du pétrole, ce qui au regard de la crise avec la Russie risque de faire définitivement pencher la balance en faveur de ce mode de paiement jadis fréquent et aujourd’hui de plus en plus inhabituel. Paris pourrait ainsi se retrouver à l’abri sur le plan énergétique des sanctions voulues par le dictateur Vladimir Poutine à l’encontre des Alliés. Et pour Dassault Aviation voir voler de nouveau ses productions sous cocarde irakienne serait un joli pied de nez à l’histoire. De nombreux pseudos experts avaient parié sur une perte complète d’influence de la France après l’effondrement du baasisme irakien.
Les quatorze futurs Rafale F4 viendront leur montrer à quel point ils étaient alors dans l’erreur tout en confirmant que le chasseur omnirôle français demeure en 2022 une valeur sûre. L’Irak est pressentie pour être le premier contrat du second quinquennat Macron.

De manière plus surprenante Bagdad cherche désormais à acquérir entre dix et douze Airbus Helicopters H225M. Ces hélicoptères biturbines hauts de gamme permettraient aux Irakiens de revenir sur le devant de la scène en matière de transport d’assaut mais aussi de recherches et de sauvetages au combat, les deux spécialités de cette machine européenne. Avec eux surtout l’aviation irakienne pourrait envoyer en retraite les vieux monoturbines Bell UH-1H Iroquois acquis de seconde main auprès de l’US Army en 2006 et aujourd’hui à bout de souffle. Le mode de paiement de ces futurs hélicoptères n’est pas connu mais la solution envisagée pour le Rafale semble particulièrement adaptée aussi aux H225M.
On a aussi appris que Bagdad négocie la vente de pièces d’artilleries CAESAr également de facture française, mais cela sort de notre champ de compétences.

Vous l’aurez compris l’année 2022 sera sans aucun doute une année riche en contrats d’armement entre Bagdad et Paris, montrant que l’alliance militaro-économique franco-irakienne demeure forte. Airbus Helicopters et Dassault Aviation demeure des champions d l’économie française sur les marchés d’export.

Photo © Dassault Aviation.

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14 COMMENTAIRES

  1. bravo à l’équipe Dassault et à tous les intervenants, pour ce contrat .
    Par hasard , a-t-on des nouvelles concernant la Serbie et le rafale ?

  2. Je serai heureux que cela se fasse.
    Il va juste falloir que Dassault précise comment il va livrer toutes les commandes engrangées plus le passage au standard F4 de la flotte française, plus les besoins de l’AEE pour avoir le nombre d’appareil prévu dans le livre blanc de la défense.

  3. Bonjour à tous,
    Le double contrat ‘Rafale /canons Caesar ‘ est dans les tuyaux depuis quelques temps ,en Irak , ainsi que des drones , en principe .
    La bonne nouvelle avec les Caracal ,en plus, n’a rien de surprenant ,tant cette machine s’impose sur pas mal de marchés …
    Dommage que certains ‘amis’ Européens ( Pologne en tête ) nous ai planté plus d’un coup de couteau dans l’dos ( comme dirait Renaud ) en achetant US ,au détriment du Rafale ou du Caracal .

  4. Très bon article Arnaud.
    Par contre, je rejoins Jean-Marc, sur les capacités de Dassault à livrer tout le monde et surtout notre AAE, en temps et en heure.
    Il ne faut pas que les enfants du cordonnier
    soient les plus mal chaussés.
    En ce qui concerne le paiement en pétrole, oui cela peut compenser le manque de pétrole russe au vu de l’embargo.

    Mais c’est quand même risqué. Il faut des gouvernements stables en Irak.

  5. Un contrat ne se paie pas en une seule fois mais par tranches en fonction des livraisons donc pétrole ou cash, ça ne change pas grand chose. Si les irakiens ne paient plus, on ne livre plus.
    Par contre, je rejoins votre inquiétude par rapport aux capacités de Dassault à la fois par rapport à l’AAE mais aussi nos futurs clients potentiels. Si on leur dit, livraison impossible avant 2032, ça peut être un argument décisif pour aller voir un concurrent.

  6. Peut être qu’Arnaud à les informations concernant l’ensemble des commandes actuelles et délai de livraison. Cela nous permettrait de voir la montée en cadence nécessaire.
    Sachant que l’état n’a toujours pas commandé le remplacement des avions vendus d’occasion et prélevé sur la flotte de l’AEE.
    Merci d’avance à Arnaud.

    • Le souci avec la « transparence » c’est le risque aussi de griller mes sources. Donc désolé Jean Marc mais sur ce coup là je resterais silencieux.

      • Sans aucune garantie sur l’exactitude des chiffre mais je pense que l’ordre de grandeur est là.
        Il en reste à livré 39 pour la France 115 à l’export, plus 24 pour remplacer ceux vendu d’occasion (contrairement à ce que dit notre chère ministre il faudra les remplacer) si on ajoute les 14 irakien cela fait 192 .
        Dassault en livre exceptionnellement 2 par mois . Ca fait donc 8 ans pour les derniers livrés.

        Pas sur que les clients attendent 2030.
        Et je n’ai pas intégré la Malaisie ou l »Inde dont on peut espérer des commandes.

        Je base mes chiffres sur des données ouvertes. Je n’ai pas les mêmes sources qu’Arnaud que je remercie pour sont travail.

  7. ENcore un succès pour le Rafale a l’Export ?

    Personnellement, j’ai toujours aimé le Rafale surtout depuis le standard F4 et aurait aimé le voir voler sous les couleurs algériennes !

    D’ailleurs Arnaud, il parait qu’entre 2007 et 2010, le Rafale aurait pu être acheté par l’Algérie mais qu’officieusement c’était le défaut du côté multi-rôle des anciens standards qui aurait rebuté les autorités algériennes de l’époque.

    • L’histoire d’une exportation du Rafale en Algérie durant le quinquennat Sarkozy est un serpent de mer. Jamais Sukhoi n’aurait laissé faire et j’imagine mal les anciens du FLN accepter que leur pays achète un avion de combat estampillé France. Les plaies historiques sont encore trop béantes pour cela. Des hélicos, des avions d’entraînement ou de transport oui, des avions de combat non.
      Après perso j’aurai kiffé voir des Rafale sous cocarde algérienne.

  8. Côté livraisons, il n’y aura pas de soucis. La France aura 40 livraisons entre 2023-25 et 30 entre 2027-31. l’Égypte et l’Indonésie seront livrées de 31 et 42 entre 2024-30. Les EAU seront livrés de 80 entre 2027-31, Tout est calé et il n’y aura pas de soucis avec une chaîne maintenue à 2/mois. C’est une affaire qui roule en sachant qu’il sera possible d’augmenter encore la cadence à 3/mois pour de nouveaux contrats (Irak, Serbie, Inde, Malaisie, Grèce, ….).

  9. Plus qu’à ‘booster’ les chaînes Dassault , pour passer à 3 Rafale /mois .
    Peut être un doublement des chaînes de fabrication ?
    De toutes façons, les délais exports seront forcément tenus .
    Quid des délais pour notre AA?
    Et surtout pour la version Marine ?
    Si l’Inde passe commande de Rafale M.
    Et pour éventuellement remplacer toute hypothétique vente de Rafale M d’occase …
    Pourvu que Dassault réussisse à fournir et à recruter ….

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