À moins d’être totalement troglodyte il ne vous aura pas échappé que ce dimanche 24 avril 2022 monsieur Emmanuel Macron a été réélu Président de la République Française. Comme nous l’avions fait voici cinq ans pour son prédécesseur, monsieur François Hollande, nous allons dresser ici un bilan de l’action présidentielle au service de l’avion de combat Dassault Aviation Rafale sur les marchés étrangers. Un quinquennat marqué par des contrats exceptionnels mais aussi par un ou deux plantages sur lesquels l’avionneur de Saint-Cloud ne peut pas être comptablement considéré comme seul responsable. L’Élysée a aussi parfois sa part de responsabilité.

Pour commencer il faut rendre à César ce qui appartient à César : Emmanuel Macron a été un super VRP pour le Rafale entre mai 2017 et avril 2022 ! C’est avec ce Président de la République que la France a signé son plus gros contrat pour l’avion de combat omnirôle.
Sa ministre des Armées, madame Florence Parly, et son ministre des Affaires Étrangères, monsieur Jean-Yves Le Drian, n’y sont pas non plus étrangers. Leurs réseaux et leur diplomatie ont largement permis de faire gagner Dassault Aviation et son avion vedette, souvent face à la concurrence américaine, parfois européenne, et très rarement russe.

En premier lieu Emmanuel Macron a su surfer sur les réussites du quinquennat Hollande. Ça a été le cas au début de son mandat, quand en décembre 2017 le Qatar décida de transformer en commande ferme une option pour douze avions à ajouter aux vingt-quatre alors déjà en commande. Trois ans et demi plus tard, en mai 2021 il réitéra l’action avec l’Égypte cette fois, déjà cliente de l’avion depuis 2015, qui passa ainsi commande pour trente avions supplémentaires.

Pour autant l’actuel locataire de l’Élysée, dont le bail vient d’être augmenté donc de cinq ans, a aussi ses propres contrats en poche. Emmanuel Macron est à l’origine des deux (premières) réussites européennes du Dassault Aviation Rafale : le contrat avec la Grèce et surtout celui avec la Croatie. Surtout car à la différence notable de ceux d’Athènes les décideurs de Zagreb n’avaient jamais acheté de chasseur français ! En tous cas pas depuis la Première Guerre mondiale. Pour mémoire les Grecs ont volé sur Mirage F1 et volent toujours sur Mirage 2000. Ils sont donc demeurés fidèle à l’avionneur clodoaldien et à ses productions de Mérignac.
En décembre 2021 l’Élysée annonçait le plus gros contrat de l’histoire du Rafale en dehors de la France elle-même : quatre-vingts avions au standard F4 pour les Émirats Arabes Unis. Au passage ils se payaient même des biturbines Airbus Helicopters H225M, juste histoire de ne pas commander que des Rafale. On aurait pu croire que les réussites macroniennes du quinquennat allaient s’arrêter là. Il n’en est rien. En effet en janvier dernier l’Indonésie commandait officiellement six avions tandis que le mois suivant on apprenait que pour ce pays asiatique l’objectif était officiellement de quarante-deux Rafale.

Outre ces contrats le premier quinquennat d’Emmanuel Macron se referme actuellement avec de forts espoirs en direction de l’Irak et de la Serbie. Il n’est pas impossible qu’une bonne surprise viennent aussi dans les prochains mois du Bangladesh. Certaines sources parlent également de négociations en cours avec l’Arabie-Saoudite.
Il est aussi à signaler qu’au milieu de tous ces contrats touchant tous des Rafale B/C, c’est à dire des avions «terrestres» il en existe un autre avec l’Inde pour des Rafale Marine. Et là l’avion français semble en très très bonne position vis-à-vis de sa concurrence américaine.

Pour autant tout n’est pas parfait dans ce tableau. Le quinquennat Macron a aussi eu ses ratés en matière d’exportations du Rafale.
Le plus fameux car au final il a eu lieu avant même que la moindre décision ne soit prise quant à un éventuel vainqueur fut le retrait de participation à la compétition canadienne. Dassault Aviation et l’Élysée savaient pertinemment que le chasseur n’avait aucune chance outre-Atlantique malgré les très bonnes relations diplomatiques entre Emmanuel Macron et Justin Trudeau.
En fait plus le temps passe et plus on découvre que le Dassault Aviation Rafale n’a qu’un seul véritable adversaire : le chasseur furtif américain Lockheed-Martin F-35A Lightning II. Ce dernier lui a ravit trois contrats en Europe, dont deux avec des pays frontaliers du nôtre. Que ce soit nos voisins d’outre-Quiévrain ou ceux qui vivent de l’autre côté du lac Léman autant que les Finlandais ils ont préféré l’avion de 5e génération à notre chasseur de génération 4.5. Ces échecs sont aussi à mettre à l’actif d’Emmanuel Macron et de la diplomatie française, autant que ses réussites.

Vous l’aurez compris Emmanuel Macron et les équipes de Dassault Aviation ont encore du pain sur la planche sur ce mandat à venir pour poursuivre les ventes du Rafale. Ils s’appuient pourtant sur une bonne base de cinq années d’un travail acharné.
Rendez-vous dans cinq ans pour (de nouveau) tirer le bilan du quinquennat par rapport au Rafale.

Photo © Dassault Aviation

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7 COMMENTAIRES

  1. Les industriels de la défense se sont habitués au temps long.
    Aussi les différents standards ont mis du temps pour devenir la pièce maîtresse actuelle. On aime le Rafale, où on le déteste, mais passer du radar PESA et MICA EM au radar AESA et METEOR lui ont donné les même capacité qu’en air sol avec les bombes guidées, les missiles SCALP et ASMP-A.
    Qu’en sera t-il des itérations futures? En l’absence de formes furtives, le SPECTRA devra se renforcer. La liaison de données se réinventer, la maintenance prédictive s’imposer.

  2. Je souhaite que Florence Parly soit reconduite dans la nouvelle équipe ministérielle. Je trouve qu’elle a fait un bon boulot pendant ces quasi 5 années passées.

  3. Bonsoir, pour avoir travaillé sur des rafale F1 de loin, surtout sur leurs moteurs, j’ai pu constater le génie de la conception. Dassault. L’on peu chanter les louanges a tout va sur cet avion très réussi qui fini par connaitre enfin le mérite qu’il se doit, mais je tien a rappeler aux lecteurs qu’un avion de chasse, qu’elle qu’en soit ses qualités, ne reste qu’un vecteur pour une doctrine militaire. Et en ces termes, je ne suis pas persuader que l’on puisse accorder les louanges au président de ce dernier quinquennat, car une doctrine et les marchés se font sur plusieurs années. Le Rafale fut une décision franco-française en 1985, il y a 37 ans….après de nombreux essais européens. Aujourd’hui, le développement d’appareils indigènes est fortement réduit, le tout F-35 imposé par l’OTAN et la doctrine Nucléaire, ont tué dans l’oeuf tout développement. Dans le segment d’avion léger ils ne restent plus grand monde…et naturellement le Rafale trouve sa niche. Dassault a su créer via ses logiciels l’avions de demains, et le Rafale restera un standard pour 30 ans encore. Grace a leurs employées, le Rafale reste le résultat d’une longue chaine humaine de passionnée.

  4. N’oublions pas qu’un autre concurrent américain se profile désormais : le F15 Eagle EX.
    Le F35 Lightning est sans doute un peu cher (à l’achat et pour le maintien en conditions operationnelles) pour certains pays qui n’en ont pas les moyens : le Bangladesh, la Croatie pour ne citer qu’eux…
    Les Americains jouent donc sur les deux tableaux afin de ratisser au plus large et tenter de contrer toute velléité de la part de leur concurrents (le Rafale, le Gripen, le Thyphoon…).
    La compétition reste féroce et tous les coups (industriels et diplomatiques) sont permis – où presque – avec Joe Biden en VRP de luxe (marché suisse par ex.)
    Que la route du succès français fût longue, difficile et parsemée d’embûches : les victoires du Rafale en sont d’autant plus méritantes. Un grand bravo !

  5. Succès commercial sans aucun doute. Il s’agit maintenant de transformer l’essai en adaptant rapidement la capacité de production.
    Sans oublier de remplacer les rafales vendu d’occasion et le complément donc les armées française ont besoin pour être au niveau du livre blanc de la défense.

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