À l’instar de l’Espagne, de la Grèce, de l’Italie, et du Royaume-Uni les Pays-Bas disposent dans leur arsenal d’un lot d’hélicoptères de transport lourd à deux rotors en tandem. Ce lundi 14 novembre 2022 le groupe Boeing a annoncé que les militaires néerlandais avaient réceptionné leur vingtième et dernier exemplaire du CH-47F Chinook, la version la plus avancée. Des hélicoptères que la Koninklijke Luchtmacht utilise au quotidien dans des tâches très variées. C’est désormais une des flottes les plus modernes des pays de l’OTAN.

Apparue il y a une quinzaine d’années la version Fox-trot est la plus moderne et la plus avancée de toutes celles ayant été développées pour le Chinook, à l’exception bien sûr du MH-47G dédié aux opérations spéciales. C’est d’ailleurs elle qui a été vendue cette année à l’Allemagne afin de remplacer ses vieux Sikorsky CH-53G Sea Stallion. Par rapport à ses prédécesseurs il dispose d’une avionique rajeunie et d’un poste de pilotage plus ergonomique que sur la version Delta.

C’est d’ailleurs sur cette dernière que la Koninklijke Luchtmacht volait jusque-là, un contrat remontant au début des années 1990 et entré en vigueur en 1995 par la livraison des trois premiers hélicoptères. Si aux Pays-Bas les Eurocopter AS.532 Cougar et NHIndustries NH-90 TTH Caïman assurent le gros des missions de transport d’assaut et de recherches-sauvetages au combat le rôle des Boeing Vertol CH-47 Chinook est plus complexe à saisir.
En effet ils assurent également des missions aux profits des troupes néerlandaises tout en remplissant des fonctions de service public. Ils sont notamment adaptés à la lutte contre les feux d’espaces naturels grâce à l’emport sous élingue d’un Bambi bucket. Dans un pays où une grande partie du territoire se trouve sous la surface de la mer et qu’il est protégé par des digues l’hélicoptère birotor en tandem assure des fonctions de grue volante pour le compte des populations civiles.
Les Pays-Bas engagent également leurs hélicoptères au sein de missions multinationales, sous bannière des Nations Unies et/ou de l’alliance Atlantique.

La présence chez un de nos (quasis) directs voisins de tels hélicoptères risque de relancer de nouveau le débat sur l’absence d’hélicoptères de transport lourd sous cocarde française. Des discussions sans fin qui n’aboutissent qu’à un seul constat : nous n’avons pas la doctrine d’emploi de telles machines et ça ne semble pas prêt de changer.
En tous cas nos alliés britanniques, espagnols, ou encore néerlandais eux en possèdent et peuvent parfois nous les mettre à disposition.

Photo © Koninklijke Luchtmacht.

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2 COMMENTAIRES

  1. Merci Arnaud pour cet excellent article.

    Par contre, nous n’avons pas la doctrine d’emploi pour de tels appareils, dites vous.

    Et alors pour nos Opex, pourquoi faisons appel aux Anglais ? Avec leurs Chinook.

    Problème d’orgueil national ? Faire travailler Airbus Hélicoptère coûte que coûte ? Ou les poches et les caisses vides comme d’habitude?

    Si nos voisins l’achètent c’est pas par hasard, ni pour faire joli. C’est un très bon hélicoptère de transport lourd, mais il n’a qu’un tord aux yeux de nos dirigeants : il est américain.

  2. Le souci est que les industriels européens (français mais pas que) ne proposent pas ce genre de produit …c’est la même chose pour le transport stratégique ou les avions furtifs que l’on va attendre encore des décennies !!!
    Comme si qu’il y avait un renoncement des industriels européens, et de l’autre côté un manque de vision des décideurs …

    Le Chinook est vraiment le type de produit qu’il faudrait à la France qui de plus se veut un peu le bras armée de l’UE d’une certaine manière.

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