Il y a encore deux ans personne n’aurait douté que la Força Aérea Portuguesa allait voler sur le chasseur américain de 5ème génération. Ça c’était avant que Donald Trump ne se prenne d’une fièvre fiscale vis-à-vis du reste du monde et notamment de l’Union Européenne, précipitant ainsi le Lockheed-Martin F-35A Lightning II dans une galère absolue. Et celle-ci est d’autrement plus visible au Portugal où désormais le pouvoir politique (socialiste) entend jouer la carte d’un avionneur européen, entre Dassault Aviation et Saab. Quelques hauts gradés lusitaniens continuent cependant d’espérer en faveur de l’avion furtif américain.
Le torchon brûle entre le Président de la République António José Seguro et le général João Cartaxo Alves, l’actuel chef d’état-major des Forças Armadas autour de la succession des actuels vingt-huit General Dynamics F-16MLU Fighting Falcon. Il faut dire qu’avant de commander l’ensemble des armées portugaises cet officier général était à la tête de la Força Aérea Portuguesa. Et que surtout il est l’artisan du contrat F-35A Lightning II avec l’administration Biden. Autant le dire tout de suite il en va de son image de marque dans le pays, mais aussi au sein de l’ensemble de l’OTAN.
Idéologiquement parlant le président Seguro ne verrait aucun inconvénient à annuler ce contrat et à se retourner vers Dassault Aviation ou Saab. Le nom du consortium Eurofighter n’a pas été prononcé depuis très longtemps. Seguro est réputé bien plus européen qu’atlantiste.
Vous l’aurez compris l’avenir de la chasse portugaise se joue donc désormais sur le plan idéologique, politique même. Entre un général réputé conservateur et atlantiste d’un côté et un Chef de l’État socialiste et européen de l’autre. C’est pas gagné !
La balle est donc dans le camp du gouvernement centriste du premier ministre Luis Montenegro. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il joue les équilibristes entre une droite tournée vers un F-35A Lightning II symbole d’une alliance avec l’Amérique de Donald Trump et une gauche qui regarde clairement en direction du Gripen et du Rafale et donc de l’Europe. Sur le plan personnel le chef du gouvernement portugais semble plutôt enclin à donner sa chance à un Dassault Aviation ou même à Saab.
Au Portugal la classe politique et institutionnelle semble vouloir en finir rapidement avec cette affaire qui pourrit les relations avec les militaires. Leur céder et aller vers Lockheed-Martin ou bien faire front et opter pour une alternative européenne ? La réponse devrait intervenir dans les prochains mois.
Affaire (évidemment) à suivre.
Photo © Koninklijke Luchmacht.
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