L’appareil réalisait une liaison commerciale régulière entre Dubaï et Tel Aviv. Ce mercredi 30 septembre 2026 un Boeing 737 Max 8 appartenant à la compagnie aérienne émiratie FlyDubai a été détourné après une bagarre dans le poste de pilotage. Des passagers ont réussi à reprendre le contrôle de l’avion et à le poser en urgence sur un aéroport saoudien. Selon les autorités israéliennes le pilote aurait cherché à écraser ce 737 sur une zone urbanisée de Jérusalem ou de Tel Aviv ; d’autres scénarii sont cependant possibles.
Sur les faits l’avion avait décollé au petit matin de l’aéroport Dubai International à destination de Ben Gourion, la célèbre plateforme israélienne sise entre Jérusalem et Tel Aviv. Il évoluait sous le code FZ1073 à bord du Boeing 737 Max 8 immatriculé A6-FKF. Six membres d’équipage de la compagnie FlyDubai accompagnait les 174 passagers de ce vol régulier.
Tout s’est passé sans encombre pour ces derniers jusqu’au survol de la zone frontalière entre l’Arabie Saoudite et la Jordanie. Dans un laps de temps de 29 secondes le 737 Max 8 a perdu 14 125 pieds, soit environ 4660 mètres. Ce n’est pas une descente c’est une chute libre !
En fait contrairement à la quasi totalité des piratages d’avions de ligne le drame ne s’est pas joué en cabine mais dans le poste de pilotage.
Alors que l’appareil évolue à son altitude de croisière de 30 875 pieds, soit près de 10 190 mètres, une bagarre éclate entre le pilote et le copilote. Le transpondeur de l’avion émet alors immédiatement le fameux code 7700 indiquant un problème lourd à bord. Les contrôles aériens de la région sont alors avisés qu’il se passe quelque chose de grave au sein du vol FZ1073. Quelques secondes plus tard le même transpondeur émet cette fois le code 7500. Celui-ci est nettement plus rare et signifie qu’une intervention humaine extérieure est en cours à bord , entendez par là que l’avion a été détourné !
Tout s’enchaîne très vite. Alors que le Boeing 737 Max 8 pique droit vers le sol un groupe de passagers, à priori de nationalités émiraties et israéliennes, réussit à défoncer la porte séparant la cabine du cockpit et à y pénétrer. Là les passagers découvrent le commandant de bord ensanglanté présentant une plaie majeure au niveau de la poitrine : son copilote l’a poignardé. Ils le désarment et prodiguent les premiers soins au pilote pendant que deux autres passagers reprennent le contrôle du biréacteur. Coup de chance il semble que ces deux hommes soient des pilotes de réserve de Heyl Ha’Avir qui revenaient de vacances avec leurs familles respectives aux Émirats.
Ils stabilisent le Boeing 737 Max 8 à 16 750 pieds, soit un peu plus de 5 525 mètres d’altitude. En relation avec les contrôleurs aériens jordaniens et saoudiens ils reçoivent l’instruction de se poser en urgence sur l’aéroport de Tabuk, opéré également par la Royal Saudi Air Force en tant que base aérienne King Faisal.
Une fois l’avion au sol les forces de sécurité saoudienne ont interpellé le copilote et évacué le pilote vers une structure hospitalière. Une cellule de soutien psychologique a été mise en place pour les passagers et personnels navigants commerciaux sollicitant son aide.
Au sol des techniciens saoudiens ont découvert que l’avion avait subi des dégâts considérables durant sa chute, une partie de l’empennage ayant même été arrachée.
Aussitôt la réception du code 7500 le cabinet du premier ministre israélien Benjamin Nethanyaou a exigé que des chasseurs décollent en alerte. Selon nos sources quatre Lockheed-Martin F-16I Sufa auraient alors pris les airs avec pour instruction de se rapprocher de toute aéronef présentant un profil de vol inquiétant. Au moment où le déroutement du vol FZ1073 a été décidé deux McDonnell-Douglas F-15C Eagle saoudiens ont également décollé afin d’ouvrir la route à l’avion de ligne.
Un avion de ligne rempli de passagers et détourné en plein vol qui subit une violente perte d’altitude, les autorités israéliennes ne pouvaient pas passer à côté d’un scénario type 11 Septembre. D’autant qu’on vient d’en célébrer les 25 ans. Et c’est en ce sens que les équipes de communicants du gouvernement israélien se sont exprimées depuis une quinzaine d’heures. Mais ne sont-elles pas aller trop vite en besogne ?
En France malheureusement nous savons qu’un copilote qui pète un câble et projette vers le sol son avion de ligne ça peut être autre chose qu’un acte terroriste. Le drame de l’A320 de la Germanwings dans les Alpes françaises nous le rappelle tristement. À croire que les communicants israéliens et que les experts aéronautiques de plateaux télés l’ont oublié : le suicide est aussi une piste largement envisageable. Elle est cependant moins vendeuse que l’acte terroriste de masse ; car comme l’anthropologue français Claude Lévi-Strauss le rappela en matière de presse «il vaut mieux une très mauvaise nouvelle qu’une moins mauvaise, la seconde ne fait pas vendre de papier». Dingue ce que cet homme nous manque.
On ignore dans quelles conditions humaines le copilote du Boeing 737 Max 8 sera auditionné par les forces de sécurité saoudiennes. Ce pays n’est pas exactement connu pour son respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine. Et si les aveux qui seront émis n’auront pas été extorqués par la violence voire par le torture.
Une chose est sûre cependant l’affaire du vol FZ1073 va laisser des traces dans la sécurité aérienne actuelle.
Affaire à suivre.
Photo © Air-Britain
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3 réponses
Bonsoir,
Sacrée peur (et traumatisme ?) pour les passagers et membre d’équipage, heureusement ils s’en sont sortis, avec beaucoup de chance quand on voit l’état de la dérive. Cet avion a été poussé à ses limites.
J’ai une question technique, j’espère qu’on pourra éclairer ma lanterne :
Les codes d’urgence émis par le transpondeur (7700, 7500) sont-ils activés automatiquement ? Comment ? Selon l’article ci-dessus il semble que ces codes ont été émis alors qu’il y avait encore bagarre dans le cokpit et chute de l’avion. J’imagine qu’à ce moment activer manuellement le code sur le transpondeur ne devait pas être une priorité.
Merci pour vos lumières.
Quand on entend les développements de cette affaire (parfois à prendre avec de très longues pincettes), on se dit vraiment qu’ils ont eu une baraka monstrueuse. Certaines infos sont d’ailleurs tellement énormes qu’on se demande dans quelle mesure elles ne sont pas arrangées.
Quant aux motivations du copilote, j’apprécie vraiment votre prudence. De plus en plus, certains politiques et certains journalistes ont tendance à privilégier le discours qui les sert au détriment des faits…
Avec une telle chute, les personnes devaient être pratiquement en apesanteur!
Si c’était un A-320, un tel plongeon ne serait pas possible, en tout cas pas avec de telles pentes.
J’ai lu que le commandant a pu ouvert à distance la porte de la cabine de pilotage, au lieu qu’elle soit défoncée par les passagers car elle devait être conçue pour résister à toute intrusion mais je peux me tromper.