Le Dassault Aviation Rafale F4 a t-il ses chances au Mexique ?

L’idée est de remplacer les huit chasseurs Northrop F-5E/F Tiger II de la Fuerza Aérea Mexicana. Cette semaine les autorités mexicaines ont officiellement lancé le programme visant à sélectionner leur futur avion de combat. Deux options s’opposent entre les militaires qui voudraient un chasseur de génération 4.5 comme le Dassault Aviation Rafale F4 français ou l’Eurofighter EF-2000 Typhoon Tranche 4 européen et les politiques qui souhaiteraient investir dans un avion moins onéreux tel le KAI FA-50 Fighting Eagle sud-coréen. Bien sûr l’Amérique est en embuscade, avec son Lockheed-Martin F-16V Viper.

C’est à l’été 1982 que la Fuerza Aérea Mexicana réceptionna les premiers des douze F-5E/F Tiger II commandés, dix monoplaces et deux biplaces. Ces chasseurs légers de facture américaine étaient alors parmi les meilleurs disponibles sur le marché. Ils avaient été choisi au détriment du Dassault Mirage F1C français et du General Dynamics F-16A/B Fighting Falcon également américains jugés tous deux trop chers. Avec le temps la flotte mexicaine s’est passable réduite à huit avions, six monoplaces et les deux biplaces.

Tournée avant tout vers les missions de lutte contre les narcos, les trafiquants de stupéfiant, la Fuerza Aérea Mexicana n’effectue que très marginalement des interceptions d’aéronefs militaires étrangers. La majorité de ses missions de défense aérienne concerne les marchands de mort et leurs cargaison de cocaïne et de drogues de synthèse à destination des États-Unis. Une fonction dans laquelle excelle le F-5E Tiger II. Pourtant l’avion vieillit.
Son remplacement, plusieurs fois repoussé, est désormais devenu urgent.

Et donc les généraux s’opposent aux décideurs institutionnels, autant dire aux politiques. Les premiers veulent des avions de combat biréacteurs multi-rôles de génération 4.5, c’est à dire des Rafale F4 ou des Typhoon Tranche 4. Les seconds préfèrent des chasseurs plus compacts et moins chers comme les monoréacteurs Alenia M-346FT Master ou KAI FA-50 Fighting Eagle. Selon certains experts le Lockheed-Martin F-16V Viper ou le Saab JAS 39E/F Gripen pourraient représenter d’excellents compromis entre ces deux visions qui s’opposent.

Sauf que tout n’est pas aussi simple. Par exemple les relations diplomatiques entre Mexico et Washington DC sont exécrables, suite aux déclarations sexistes de Donald Trump à l’encontre de la présidente Claudia Sheinbaum. Sans compter que la construction du mur anti-migrants crispe un peu plus encore les liens entre les deux voisins. Cela ne joue pas forcément en faveur du F-16V Viper. Quid alors du JAS 39/F Gripen ? Ce sont cette fois les retards de livraisons avec le Brésil qui lui offrent une très mauvaise image dans tout le continent américain…

Quoiqu’il en soit les chiffres d’acquisition varient suivant qu’il s’agisse d’un avion haut de gamme ou d’un monoréacteur plus rustique. Dans le premier cas on parle de dix à douze avions et dans le second de douze à quinze. La réponse viendra au début de l’année prochaine avec l’annonce du vainqueur.
Le Mexique n’a jamais employé d’avion de chasse de facture française.

Affaire à suivre.

Photo © Armée de l’Air et de l’Espace


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

3 réponses

  1. Bonjour,
    Les retards de livraison au brésil ternissent ils vraiment l’image de SAAB?
    Je ne suis pas assez connaisseur (loin de là ) pour donner une explication mais en lisant vite fait la presse, je comprends que les Gripen Brésiliens sont assemblés par Embraer au Brésil et une part non négligeable des pièces viens de là bas. J’avais plus l’impression que les retards sont dû à des difficultés Brésiliennes à intégrer les technologies du Gripen que des capacités de production de SAAB eux-même.
    Les militaires et officiels Mexicains, ont surement de quoi démêler le vrai du faux. Ceci dit, si le Gripen est évoqué par des experts et pas les officiels, je ne parierait pas dessus. Je parierait plutôt sur du pas cher non américain (choix politique donc) vu que les sous, c’est les sous et les militaires, ça obéit aux politiques (enfin, normalement) et plus précisément sur le KAI FA-50 plus moderne et qui a peut être plus de capacités opérationnelles que les Alenia M-346FT Master.

  2. Pour un pays aussi vaste, avec une population de plus de 130 millions de personnes, une petite quinzaine d’avions de combat me semble bien peu. Faut dire que, mis à part les USA, le Mexique n’a pas de voisins particulièrement menaçants.

  3. Cher Arnaud, merci pour ce survol du Mexique, si loin de Dieu et si proche des Etats Unis (Ainsi s’exclamait le président mexicain Porfirio Díaz, à l’aube du XXe siècle, faisant allusion à l’inégalité des rapports de force avec le voisin du Nord !)
    Mais je formule néanmoins une petite remarque, le M-346 cité comme un potentiel candidat à la police du ciel de Mexico est lui-même un bi-réacteur ! Ce qui ne l’empêcherait pas d’être un concurrent sérieux dans ce rôle de chasse aux avions d’Air Cocaïne !

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