Bander les muscles face à un état souverain sûr de son bon droit ne sert généralement pas à grand-chose, Donald Trump est en train d’en faire de nouveau l’expérience. Depuis quelques jours la diplomatie américaine est entrée dans la valse sur le dossier iranien, reléguant l’US Navy au second plan. Il est même désormais clairement acquis qu’à la mi-août le porte-avions USS Abraham Lincoln devrait avoir retrouver les quais de son port-base de Norfolk en Virginie. Une opération militaire de pression contre la république islamique qui aura coûté plusieurs dizaines de millions de dollars aux contribuables américains.

Comme le soulignent à demi-mot plusieurs hauts responsables américains cette aventure de l’US Navy au large du détroit d’Ormuz aura sans doute eu plus de conséquences négatives que prévue initialement. Et à commencer par la décision prise par la république islamique de reprendre l’enrichissement de son uranium au-delà des limites fixées par le traité de Vienne de 2015. Sans la présence du porte-avions USS Abraham Lincoln et de ses navires d’accompagnement au large les gardiens de la révolution ne se seraient sans doute pas autant précipités dans cette décision lourde de conséquences diplomatiques et économiques.
Et encore les parlementaires américains, aussi bien démocrates que républicains, rappellent que ce déploiement aérien et naval a coûté aux États-Unis un de ses plus précieux drones de reconnaissance stratégique. Un avion sans pilote abattu par la DCA iranienne aux vues et aux sues de toute la communauté internationale. Un incident qui a gravement entaché l’image de l’aéronavale américaine dans le monde.

De ce fait la présence de ce puissant porte-avions et de ses aéronefs embarqués n’est plus vraiment appréciée dans les allées du Congrès. Pas plus que celle des avions de l’US Air Force également déployés en renfort ; mais eux sont moins visibles. Et donc désormais c’est à la diplomatie de trouver une issue à ce qui commence à ressembler furieusement à un nouveau fiasco militaire de Donald Trump après celui il y a quelques semaines face au Venezuela de Maduro.
L’une des pistes envisagées par l’US Department of State est de mettre en place une coalition maritime internationale visant à protéger les échanges commerciaux sur les eaux autour du détroit d’Ormuz. Mais cette idée se heurte déjà à un énorme obstacle : le refus catégorique de l’Allemagne, de la France, et du Royaume-Uni à y participer. Sans ces deux derniers pays, qui demeurent les alliés historiques de l’Amérique l’administration Trump risque bien d’avoir du mal à convaincre d’éventuels partenaire. Cependant l’Italie se dit actuellement prête à rejoindre l’Amérique… qui elle cherche à ne pas trop y prendre part. C’est donc un beau casse-tête en vue.

Dans le même temps on a appris que depuis ce dimanche 7 juillet 2019 les opérations nocturnes depuis le pont d’envol de l’USS Abraham Lincoln ont profondément diminué. On parle d’une significative baisse de l’ordre de 30%, ce qui laisse en plus entrevoir que les avions décolleront de moins en moins vers l’Iran et le détroit.

Au final plusieurs économistes américains indépendants mais spécialisés dans les questions de défense s’accordent sur le point que ce déploiement aura coûté sans doute entre 120 et 150 millions de dollars d’excédant au Pentagone. Une somme assez colossale quand on sait que la défense américaine compte désormais chaque cent. Le carburéacteur brûlé ça a un coût !

Photo © US Navy.

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4 COMMENTAIRES

  1. Trump souhaite faire escorter les navires qui transitent dans le coin par des navires militaires battant leur pavillon… On va avoir un paquet de navires de guerre du Panama ou des Bahamas dans le secteur, alors XD

    • Trump a désamorcé la situation face au complexe militaro-industriel ? C’est rigolo comme lecture de la crise, mais vous savez sans doute que c’est le POTUS qui a décidé l’envoi de l’US Navy et de l’US Air Force dans la zone, pas les dirigeants de Lockheed-Martin.

  2. Les différents points de vues me laisseront tjs bea…
    Plus sérieusement, Trump s’est soit planté (ce qui ne serait pas une première) soit on nous prépare dans un futur plus ou moins proche a un conflit de grande ampleur car si une majorité de pays ont accès a l’arme nucléaire alors la loi de MAD ne tiendra plus…

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