Des F/A-18E/F Super Hornet afin de remplacer des F/A-18 Hornet, ça a finalement du sens. C’est en tous cas l’axe privilégié par l’avionneur Boeing sur les deux marchés actuellement en cours en Europe : la Finlande et la Suisse. Ce qui ne serait définitivement pas une bonne nouvelle pour les constructeurs européens, Airbus DS et Dassault Aviation en tête. Deux contrats pourtant assez différents l’un de l’autre.

Tout est partie de la décision prise la semaine dernière par la Defense Security Cooperation Agency de la décision du Congrès américain d’autoriser la proposition d’exportation des avions de combat Boeing F/A-18E/F Super Hornet et Lockheed-Martin F-35A Lightning II à ces deux pays européens. Particularité notable relevée par les parlementaires américain ni la Finlande ni la Suisse n’est membre de l’alliance Atlantique.
Et très honnêtement les voyants sont plutôt au rouge pour l’avion furtif mais sa présentation aux marchés est finalement plus politique et diplomatique que réellement économique.

Car c’est bel et bien sur le Boeing F/A-18E/F Super Hornet que tous les espoirs reposent désormais côté américain. Le Pentagone est bien conscient que face aux Airbus DS Typhoon et Dassault Aviation Rafale il doit mettre tout son poids pour faire peser la balance. D’autant que l’avion français a en ce moment le vent en poupe après l’annonce du contrat grec et la possibilité d’une nouvelle commande indienne. Il est donc inconcevable pour l’US Department of Defense que le Rafale bénéficie d’une forme d’effet de mode en obtenant un voire les deux contrats.

Les militaires américains vont donc mettre le paquet diplomatiquement pour asseoir la candidature du Super Hornet en Finlande et en Suisse. Commençons par ce second pays où trente-six monoplaces F/A-18E et quatre biplaces F/A-18F sont proposés pour un montant d’environ 6.4 milliards d’euros.
La proposition faite aux Finlandais est très différente puisqu’elle intègre un avion dérivé du Super Hornet : le Boeing EA-18G Growler à hauteur de quatorze exemplaires. S’y ajouteraient en cas de commande cinquante F/A-18E et huit F/A-18F. Cette fois la facture avoisinerait les 12.5 milliards d’euros.

Pourquoi finalement le Pentagone a t-il raison d’être confiant en son Super Hornet ? Car Finlandais et Suisses cherchent à remplacer leurs vieux Hornet que le chasseur multi-rôle de Boeing a justement été conçu comme tel. Initialement c’était pour servir à bord des porte-avions de l’US Navy, mais ce biréacteur serait autant à l’aise depuis les bases terrestres alpines ou scandinaves. Le retour d’expérience de l’Australie et du Koweït où ce schéma s’est dessiné joue donc en faveur de l’US Department of Defense et de Boeing.
Est-ce donc «plié» pour le Rafale et le Typhoon ? Non absolument pas même s’il ne faut donc pas sous-estimer le Super Hornet dans ces deux pays.

Photo © US Navy.

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5 COMMENTAIRES

  1. On croise les doigts pour la vente du Rafale pour l’un des 2 pays.
    Bien que pour la Suisse, il s’agit d’un double achat car il désire aussi uun systeme anti -aérien.

  2. Il faut souhaiter que l’effet Grec ne soit pas qu’un feu de paille. Mais comme T R Erdogan multiplie les démarches hostiles aux frontières de l’Europe, il arrivera bien un moment où les pays clients, hormis les pays d’Europe du Nord obnubilés par les gesticulations à l’est, vont poser LA question :
    Pourquoi acheter du matériel à un pays dans le département d’État très silencieux face à un pays à la conduite douteuse alors.que.si il tapait du poing sur la table, ce problème serait moindre.
    .
    Surtout qu’aux dernières nouvelles, la Turquie reste un partenaire de poids dans le programme F35, et un obstacle naturel delà Russie, qui continue donc d’être soutenue mordicus par l’OTAN.

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