La compétition entre le Boeing F/A-18E/F Super Hornet et le Dassault Aviation Rafale M au sein de l’Indian Navy va connaître une nouvelle étape. L’avionneur français va réaliser sur le sol indien au début de l’année prochaine des essais de conformité de son avion avec la technique STOBAR en vigueur dans la marine indienne. Il y a dix mois le constructeur américain en avait fait de même, mais en demeurant aux États-Unis. Rappelons qu’au titre du programme MRCBF ce sont cinquante-sept chasseurs embarqués qui doivent être commandés par l’Inde.

Pour mémoire l’Indian Navy aligne actuellement deux porte-avions.
Il s’agit de l’INS Vikramaditya d’origine soviétique et racheté à la Russie, et de l’INS Vikrant. Ce second n’est pas opérationnel à ce jour, terminant ses essais à la mer avant une mise en service annoncée pour l’année prochaine. Ces deux bâtiments de générations différentes ont la particularité notable d’être des porte-avions dit STOBAR, pour Short Take-Off But Arrested Recovery. Cette technique très particulière diffère des CATOBAR en service dans la Marine Nationale et l’US Navy par l’absence de catapulte remplacée par un ski-jump. Ce dernier est un plan incliné, sorte de tremplin, obligeant généralement les avions de chasse à décoller à l’aide de leur post-combustion.

Actuellement ce sont des biréacteurs Mikoyan MiG-29K Fulcrum-D qui assurent les missions de chasse embarquée en Inde. Ces avions d’origine russe n’ont cependant jamais réussi à satisfaire aux attentes du client, si bien qu’ils doivent prochainement être remplacés. D’où ce programme Multi Role Carrier Borne Fighters ou MRCBF opposant le Rafale M au Super Hornet. Seul hic dans l’affaire aucun des deux avions n’a été conçu pour servir depuis des porte-avions STOBAR.
C’est la raison pour laquelle en décembre 2020 Boeing et l’US Navy ont réalisé une série de tests en ce sens depuis les installations d’essais de NAS Patuxent River dans le Maryland.

Dassault Aviation a de son côté prit le parti de jouer le jeu le plus franc possible avec les Indiens. Les essais de compatibilité du Rafale M avec le ski-jump auront donc lieu en début d’année prochaine depuis l’Inde. C’est la base de Hansa dans le sud-ouest indien, qui recevra les avions français. Un ski-jump y est aménagé pour la transformation opérationnelle des pilotes. C’est notamment là qu’eurent lieu en 2014 les tout premiers essais de navalisation du chasseur indigène HAL Tejas.
Hansa est en fait le nid de l’aéronavale indienne.

Les essais purement américains du Super Hornet sur ski-jump avaient en effet fait grincer pas mal de dents en Inde. Boeing et l’US Department of State s’étaient alors retranchés derrière la sécurité sanitaire, en raison du haut niveau de propagation du Covid-19 en Inde.
Dassault Aviation prend donc moins de risque en réalisant ses essais aux vues et sues des Indiens. Ces derniers connaissent déjà les capacités réelles de l’avion, ils veulent juste vérifier qu’il peut parfaitement décoller de leurs porte-avions.
Une fois les essais réalisés il restera à l’Indian Navy à faire son choix : Boeing ou Dassault Aviation. Mais là, c’est une autre histoire.

Il est à signaler qu’à la toute fin de la décennie, ou au début de la suivante, l’Indian Navy mettra en service le porte-avions INS Vishal qui a la particularité lui d’avoir été conçu comme CATOBAR. Le vainqueur de la compétition entre le Rafale M et le Super Horner sera alors encore plus à l’aise.

Photo © Marine Nationale.

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10 COMMENTAIRES

  1. Ahahahahah ! J’ai vu l’article d’opex 360 un vrai blog d’information sur ces tests puis je me suis rappelé notre échange de commentaire et l’agressivité que j’avais subi quand j’avais posé une simple question qui demandait si le rafale était vraiment adapté au STOBAR, la réponse était oui parce qu’ils ont des experts et que j’étais trop orgueilleux et que je me croyais plus fort qu’eux car je posais une question et qu’il fallait surtout pas en poser. Quand j’ai vu cette information, je me suis dis « diantre, les experts ont les mêmes doutes que moi ». Du coup j’ai attendu votre article avec impatience pour me rappeler à votre bon souvenir.
    L’article tant commenté :
    https://www.avionslegendaires.net/2020/12/actu/lindian-navy-veut-en-finir-avec-ses-chasseurs-embarques-mig-29k/#comments

    Bon aller je retourne sur des vrais sites d’aviation et d’information.

    • Le dénommé Grégoire a la mémoire sélective. Et visiblement cela l’arrange bien. Il oublie de préciser que sur l’article dont il fait référence nous avons été obligé de modérer une de ses réponse car particulièrement agressive et hors-sujet. Mais bon visiblement Grégoire et honnêteté intellectuelle cela fait deux.
      Au passage c’est cool que vous ne nous lisiez pas, nous n’avons vraiment pas besoin de lecteurs comme vous qui critiquent mais refusent qu’on réponde à leurs commentaires.

  2. Lors du début du projet de PA CdG, Dassault avait déjà en 2012 réalisé des travaux dans ce sens pour le rafale M, à condition bien sûr que le PA ait une piste oblique dotée de brins d’arrêt et qu’il soit capable de prendre une vitesse minimum de 25 à 30 nœuds ( je ne pense pas quun tremplin favorise l’aérodynamique, et ne connais pas la vitesse max des PA Indiens vent de face, donc… ) vu le rapport puissance/poids du Rafale en mode lisse ou un ravitaillement rapide après décollage, il me semble et cela n’engage que moi que rien n’est impossible techniquement

  3. Le Rafale est tout à fait capable de décoller d’un Sky jump. Le test permettra de le confirmer pratiquement devant les indiens. Mais ça permettra également d’en déduire et valider la capacité réelle au niveau masse de décollage, ses capacités d’emport et opérationnelles.

  4. Quelle est la longueur de la piste d’élan sur le PA indien ? Sur le CDG la catapulte fait quoi ?60m ? Avec 150m d’élan + le tremplin, ça semble plus que jouable

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