Le Dassault Aviation Rafale F4/F5 intéresse (fortement) Taïwan.

C’est un sujet explosif. Depuis presque un an on sait que la Republic Of China Air Force souhaite acquérir entre 50 et 60 exemplaires du Dassault Aviation Rafale F4. C’est loin d’être un petit contrat et pourtant l’Élysée freine des quatre fers sur le dossier ; ce qui n’est pas fréquent chez Emmanuel Macron concernant l’avion de combat clodoaldien. En filigrane on retrouve les relations diplomatiques entre Paris et Pékin.

Dès lors que Taïwan cherche à acquérir le moindre armement vous pouvez être sûr que la Chine fait tout pour l’en empêcher. N’oublions pas que Pékin continue de considérer l’île de Formose, ses habitants, et son régime politique démocratique comme une aberration faisant en fait partie d’elle-même. Surtout les Chinois n’ont jamais caché leur ambition de reprendre un jour Taïwan, s’il le faut par la force. Ils communiquent régulièrement sur un potentiel futur débarquement sur l’île. Dans le même temps les avions de reconnaissance, bombardiers, et chasseurs du régime communiste n’ont de cesse de flirter avec l’espace aérien souverain taïwanais.

De ce fait la Republic Of China Air Force a toujours eu à cœur de disposer d’avions de combat capables de repousser les ardeurs de son encombrant voisin. Après avoir longtemps dépendu du bon vouloir américain, parfois soutien inconditionnel parfois plus réservé de la souveraineté taïwanaise elle s’est peu à peu tournée vers l’Europe.
C’est ainsi qu’en 1992 soixante Mirage 2000-5 furent vendus par Dassault Aviation et entrèrent en service quatre ans plus tard. Très vite le chasseur delta français devint la coqueluche de la chasse taïwanaise et un véritable cauchemar pour l’aviation chinoise. Il voit loin, dispose d’un armement air-air efficace, vole vite, et est très maniable. Mais voilà les Mirage 2000-5EI/-5DI taïwanais ont aussi un horrible défaut : ils vieillissent.

Aussi depuis l’automne 2025 les responsables taïwanais n’ont de cesse de faire des appels du pied à la France afin de commander entre cinquante et soixante Rafale F4, et même d’entrer dans le programme Rafale F5 comme futur client. Et pourtant rien depuis ! En fait les soucis ne viennent ni de la Republic Of China Air Force ni de Dassault Aviation mais bel et bien du sommet de l’État. Le Président de la République Emmanuel Macron, pourtant fervent défenseur et même plutôt bon VRP du Rafale, semble avoir mis un véto à ce contrat. Paris ne veut pas froisser Pékin. C’est clairement ce qui ressort de toutes les analyses.

La position élyséenne est d’autant plus compliquée à appréhender que chacun sait que la Chine déteste le Rafale et a lancé contre lui une véritable guerre informationnelle à grands coups de fake news. D’autant plus que l’Inde, autre grand adversaire de l’empire du Milieu, est le principal client export de l’avion français. Des Indiens qui ont démontré la supériorité technologique française sur celle des aéronefs d’origine chinoise lors d’une action de guerre contre le Pakistan.
À moins d’un an de son départ de la Présidence de la République Emmanuel Macron aura t-il le courage d’inscrire ses pas dans ceux d’un François Mitterrand qui n’hésita pas à défier la Chine en acceptant le contrat des Mirage 2000-5 ? Il en ressortirait grandi devant l’Histoire. Et Taïwan de son côté démontrerait son intérêt et sa fidélité à l’avionneur Dassault Aviation.

Affaire à suivre.

Photo © Armée de l’Air et de l’Espace


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

3 réponses

  1. Le gouvernement Chinois ne devrait pas craindre l’achat de Rafale par Taiwan, puisque d’après leurs propagande cette appareil n’arrive pas à la cheville de leurs propre productions. Cela devrait même les rassurer dans le cas ou ils attaqueraient Taiwan-, puisque cette appareil ne vaut rien selon eux.

  2. Là question est de savoir ce qu’on risquerait à valider ce contrat. La Chine a « un peu » plus de moyens de pression, voire de rétorsion qu’à l’époque du M2000. Une usine TSMC en échange ?

  3. je les prendrai au mot les chinois. Leurs J10,J20 et autres PL15 étant très supérieurs au Rafale, tant en performances qu’en nombre, une cinquantaine de Rafale à Twaïwan ne devraient pas changer grand chose.
    Dans quel sens est la balance commerciale entre la France et la Chine déjà? Que leur vendons-nous? Qu’est-ce qu’on leur achète? On vend des Rafale à Taïwan, la Chine prend des mesures de rétorsions économiques contre la France. En réponse la France prend des mesures de rétorsions économiques contre la Chine… Et qui serait, in fine, la grande perdante à ce jeu (débile)? Notre Président est vraiment le pire qu’on ait jamais eu, la classe mondiale comme dirait l’autre, qui trahit une nouvelle fois ce que peut symboliser notre France aux yeux du monde.

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