Donc le SCAF c’est fini, on passe à autre chose. C’est bien beau mais y a toujours un avion de combat de 6ème génération à développer, au moins pour permettre de remplacer le Dassault Aviation Rafale F5 qui en 2040-2045 aura tout d’une vieillerie périmée. D’autant que le porte-avions France Libre a lui aussi été pensé pour ce nouvel avion de combat, enfin pour celui qu’on aurait dû faire avec les Allemands et les Espagnols, mais c’est fondamentalement la même chose. Vous le voyez vous se profiler ce Dassault Aviation Super Rafale hautement furtif et totalement connecté ?
Plan B.
C’est sous ce vocable que depuis plusieurs mois maintenant on nous a vendu l’hypothèse d’un chasseur de 6ème génération 100% français dirigé par Dassault Aviation, avec sans doute Safran et Thales qui lui sucent la roue. Une alternative au cas où les Européens ne réussiraient pas à s’entendre avec les Français, et vice-versa. On y est. Maintenant il va vraiment falloir que l’avionneur clodoaldien se dévoile. Il y a urgence. Ce n’est pas tant qu’on aille droit dans le mur c’est que celui-ci se rapproche désormais à vitesse grand V.
Il ne faut pas s’attendre à ce que les designers et ingénieurs de Saint-Cloud nous pondent un avion à l’esthétique totalement novatrice. Il y a 99,99% de chance que celui que j’ai choisi d’appeler le Super Rafale ne ressemble pas du tout à un Rafale et franchement au SCAF qu’il remplace. Ou bien à son concurrent GCAP euro-japonais.
Chez Dassault Aviation ils ne vont pas réinventer la roue. Leur chasseur de 6ème génération respectera les codes architecturaux qu’on connait désormais pour ce genre d’avion : fuselage et voilure intégrés, empennage double dérive à grand allongement voire disparition complète de celui-ci, réacteurs aux entrées d’air noyées dans le fuselage. Et bien sûr zéro munition en externe, tout dans des baies à armement. Vous savez le terme politiquement correct pour dire soute à bombes.
Alors pour préparer cet article j’ai choisi de faire de la concurrence à notre grand manitou Gaëtan, webmaster et fondateur du site, en faisant joujou avec une IA. Faut dire que des fois mes journées de boulot sont longues, très longues, très très longues. Et en bon petit génération X que je suis j’ai forcément eu recours à ChatGPT. Je l’ai gavé d’infos, j’ai fait et refait mes approches et au final je vous propose deux trois visuels tous basés sur le même avion.
L’IA et moi y avons passé un peu de temps, bien sûr ce n’est pas parfait, le diable se cachant dans les détails. Cependant peu de risques que mon Super Rafale ait six doigts. Et comme je suis joueur j’ai élaboré un jet de 6ème génération aussi bien terrestre, donc Armée de l’Air et de l’Espace, que navalisé, donc Marine Nationale. Et vous savez quoi ? Ce dernier n’opère pas sur le Charles de Gaulle !


Au-delà de l’aspect très ludique de la chose ma réflexion repose sur un constat amer. Dassault Aviation a perdu huit années entre la création du programme SCAF en 2018 et sa disparition avant-hier, près d’une décennie durant laquelle ses ingénieurs n’ont pas eu les coudées franches pour concevoir l’avion qu’ils auraient voulu. C’est aussi ça le partenariat, c’est accepter les compromis demandés par les petits copains d’en face. Aujourd’hui que l’avionneur français est seul aux commandes il a plutôt intérêt à ne pas décevoir l’attente des Français, car son jet de combat sera en très grande partie supportée uniquement par de l’argent public. Le nôtre.

Plus question cette fois de demander à Berlin et Madrid de mettre la main à la poche. Airbus Defence et Dassault Aviation ont choisi de divorcer ? Grand bien leur en face, maintenant il va falloir financer l’avion de combat. Il en va peut-être de la survie de l’avionneur au cours de la seconde moitié du 21ème siècle.
Affaire (sans doute…) à suivre
Illustrations © Arnaud Lambert via ChatGPT
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3 réponses
Bonjour Arnaud,
Très belle réalisation pour le futur super rafale. Mais j’ai l’impression que sur la deuxième photo il manque une dérive (celle de droite) au super rafale M. On voit que les logiciels d’IA ne sont pas encore tout à fait au point.
Bonne journée.
Donc la forme c’est fait, et sinon sur le fond de l’article ?
Le projet SCAF est mort et l’avenir plein d’incertitudes pour un nouvel avion de 6ème génération franco-français ou franco-indien (pourquoi pas?! ).
Excellente opportunité pour bâtir un nouveau projet. Par contre nous avons maintenant :
– un élément d’information essentielle que nous n’avions pas en 2017 : le RETEX suite à la guerre d’annexion que mène la RuSSie contre l’Ukraine. Les avions avec pilote à bord seront-ils toujours d’actualité ? La furtivité sera—telle un élément déterminant toujours pertinent en 2040 ? Le qualitatif très onéreux sera-t-il encore en mesure de gagner contre le quantitatif très bon marché ? Et bien d’autres questions à se poser pour éviter d’avoir une guerre de retard !
– un impératif incompressible : le temps qui court. Nos compétiteurs ne nous attendent pas. Si Dassault Aviation veut survivre d’ici 30 ou 40 ans, il va falloir faire fissa.
-et une question existentielle : on le fait tout seul avec le budget qu’on n’a pas ou en partenariat avec un ou plusieurs pays (Inde, Brésil, Qatar,…) ?
PS: Magnifiques dessins d’illustration Arnaud.
Il manque aussi l’escabeau furtif de 6ème génération ! (C’est d’ailleurs parce qu’il est furtif qu’on ne le voit pas…). Mais bon, là, on a le temps jusqu’en 2040.