L’information a été officialisée ce lundi 11 mai 2020 par le gouvernement canadien. Le programme visant à trouver un nouveau chasseur multi-rôle pour le compte de l’Aviation Royale Canadienne a été repoussé de quelques semaines. Désormais les avionneurs souhaitant postuler au remplacement des McDonnell-Douglas CF-188 Hornet actuellement en dotation ont jusqu’au 31 juillet 2020 pour se faire connaître. Actuellement seuls trois constructeurs sont en lice.

À priori il ne devrait pas y en avoir plus. L’Européen Airbus DS et le Français Dassault Aviation ont déjà jeté l’éponge depuis plusieurs mois, leurs Typhoon Tranche 3 et Rafale ne seront donc pas candidats. Les seuls actuellement officiellement en compétition sont les Américains Boeing et Lockheed-Martin et le Suédois Saab avec respectivement le F/A-18E/F Super Hornet, le F-35A Lightning II, et le Gripen E/F. Tous sont déjà déclarés, on se demande bien quel avionneur pourrait faire son apparition, le marché des avions de combat étant très restreint de nos jours.
Pour d’évidentes raisons autant politiques et diplomatiques que technologiques les avionneurs chinois et russes ne sont bien entendu pas conviés à cette compétition.

Du coup pourquoi repousser l’échéance au 31 juillet 2020 contre fin mi-juin comme cela avait été annoncé plus tôt dans l’année ? Officiellement c’est en raison de la crise sanitaire du Covid19, et des retards qu’elle a engendré dans l’industrie aéronautique. Pourtant les challengers sont connus.
Le gouvernement canadien argue qu’avec un délai plus long les négociations vont gagner en transparence et en équité. Honnêtement tout cela ressemble un peu (beaucoup) à de la langue de bois politicienne. Et croyez-moi je m’y connais suffisamment là-dedans.

Car même si le programme pour quatre-vingt-huit avions est officiellement ouvert ce n’est pas pour rien si Airbus DS et Dassault Aviation ont claqué la porte. Il est totalement donné gagnant aux industriels américains. On imagine mal le Canada acquérir un avion suédois en 2020. Reste à savoir qui de Boeing ou de Lockheed-Martin remportera le contrat pour la construction des avions de combat. Mais cela ne sera pas annoncé avant au plus tôt l’été 2022 pour des premières livraisons d’exemplaires de série en 2025.

Chasseurs CF-188 Hornet en compagnie d’un avion de transport CC-150 Polaris.

À moins que cette annonce de retard dans la sélection ne cache d’autres retards plus institutionnels voire politiques. Car même si le remplacement des McDonnell-Douglas CF-188 Hornet est désormais inéluctable il ne fait pas que des heureux parmi la société canadienne toujours aussi peu prompte à dépenser le moindre dollar (canadien bien sûr) dans de l’armement.
C’est donc un chapitre de plus dans cette affaire que nous suivons avec vous depuis plusieurs mois maintenant.

Photos © Aviation Royale Canadienne.

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9 COMMENTAIRES

  1. Vous avez bien résumé Arnaud la problématique concernant le remplacement de nos vieux CCF-118. Un autre élément contribue à reporter cette décision est que le Canada est dirigé par un gouvernement libéral minoritaire. Il serait très étonnant que ce gouvernement choisisse le successeur du CCF-188 avant une prochaine élection fédérale. Celle-ci devrait se tenir probablement en 2022. Honte à tous les politiciens à Ottawa qui ne cessent de procrastiner dans le dossier du remplacement des Hornets.

  2. Salut,
    Une petit réflexion à haute voix.
    Je me suis longtemps demandé pourquoi le F18 n’a pas été produit en version non navalisé. En effet, une grande partie des opérateurs n’auront jamais de porte avions et pourtant cet avion se vend plutôt bien.
    Le gain de masse en enlevant le système de crosse et le train d’atterrissage renforcé pour un conventionnel serait non négligeable. Puis, je me suis rappelé que le F16 a une crosse aussi pour les atterrissages en conditions difficiles. Du coup je me demandait si le F18 pouvait faire de même sur la terre ferme ?
    Si vous pouvez m’éclairer…

    • @ColonelMoutarde
      Effectivement, le gain de masse serait sensible, quelques centaines de kg dans le cas du Rafale;
      Je pense que c’était à cause des coûts de développement et de fabrication (nouvelles machines spécifiques), plus élevés car il s’agit de modification.
      Le F-4 était dans le même cas et vu le nb d’armées de l’air qui en étaient équipés, ça aurait été justifié.
      Idem pour le A-4 Skyhawk
      Il y avait un cas d’avion marin qui possédait une version terrestre, le F-111.
      Concernant la crosse sur un avion terrestre, le Rafale Air en possède une aussi et comme qui peut le plus peut le moins donc il n’y a pas de raison pour que le F-18 ne puisse pas utiliser sa crosse pour accrocher un brin d’une piste terrestre.

    • Le CF-188 utilise à l’occasion sa crosse pour atterrir sur des courtes pistes dans le grand nord canadien. Des brins d’arrêt y sont déployés au besoin.

      • Ça vaudrait le coup Marcel de savoir si les F/A-18 Hornet que le Canada a racheté de seconde main à l’Australie ont eux aussi cette capacité.

        • Bonne question. Les ex F-18 australiens feront l’objet d’une canadisation afin de les rendre pleinement compatibles avec les CF-188 dont le retrait total est prévu en 2032. À moins que je me trompe, les F-18 australiens sont également munis d’une crosse.

        • Niveau structure, à ma connaissance, il n’y a pas de version spécifique du Hornet et du SH, tous ces avions sont donc utilisables sur PA.

  3. L’appel d’offre suisse a également été retardé.
    Voici ce que dit la Confédération
    « La pandémie de Covid-19 a contraint le monde entier à prendre des mesures, et les candidats à cet appel d’offres ne font pas exception. Un certain nombre de collaborateurs sont absents et les impératifs de confidentialité leur interdisent de traiter intégralement les offres en télétravail. S’ajoutent à cela les restrictions imposées dans les déplacements qui empêchent les représentants des candidats, de l’industrie suisse et du DDPS de se rencontrer en personne. Or de tels entretiens sont nécessaires, notamment pour concrétiser les exigences relatives aux affaires compensatoires. Ils ne peuvent pas toujours être remplacés par des téléconférences en raison du degré de classification des sujets abordés. »
    Ainsi, l’explication du covid-19 n’est pas employée seulement par le Canada et les arguments déployés ici ne me semble pas si incroyables que cela.

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