Le successeur conjoint des Rafale F5 français et des Typhoon Tranche 5 allemands et espagnols semble bel et bien aujourd’hui dans l’impasse, pour ne pas dire qu’il fonce droit dans le mur. Entre la discorde d’Airbus Defence et de Dassault Aviation ou encore les évolutions doctrinales allemandes et françaises le SCAF a plus que jamais l’air de ce qu’il est sans doute : un programme mal ficelé. De Berlin à Paris impossible de dire qui a tort, car de plus en plus les arguments avancés virent à l’invective. Une chose est sûre : l’avenir de la chasse de nos trois pays européens est bien sombre.
Si on en croit Airbus Defence tous les torts viennent de Dassault Aviation. Si on en croit Dassault Aviation tous les torts viennent d’Airbus Defence. Ce qui est désormais assuré c’est que pas un des deux avionneurs ne va vouloir mettre de l’eau dans son vin. Dassault Aviation campe sur ses positions, Airbus Defence en fait de même.
Pourtant tout n’est pas mauvais dans le programme SCAF puisque les travaux franco-allemands autour de la motorisation fonctionnent plutôt bien tandis que les chantiers hispano-allemands et hispano-français de l’avionique sont plutôt sur de bons rails. Non clairement le combat de (petits) coqs est à chercher du côté des deux maîtres d’œuvres de l’avion et de son drone collaboratif. Qu’ils soient réellement maître d’œuvre d’ailleurs ou qu’ils se pensent ainsi.
Entre le Président de la République Emmanuel Macron et le Chancelier d’Allemagne Friedrich Merz l’entente n’est pas particulièrement cordiale. La relation franco-allemande n’est pas au beau fixe, on est très loin de Kohl Mitterrand ou de Schröder Chirac. À priori les deux hommes ne s’apprécient pas plus que cela et le dossier du SCAF n’y est pas étranger. Il faut dire qu’entre l’Armée de l’Air et de l’Espace et la Luftwaffe les besoins ne sont plus vraiment les mêmes, et ce même si des convergences existent. Les Français veulent une sorte de Super Rafale furtifs et collaboratif capable de tout faire et les Allemands verraient plutôt un chasseur furtif de supériorité aérienne et de guerre électronique, ayant des capacités secondaires réelles d’appui tactique. Surtout les Allemands ne veulent pas payer pour deux aspects du SCAF dont ils n’auront à priori aucun usage : une version embarquée destinée au France Libre et une capacité d’emport et de tir du missile nucléaire ASN4G. Là dessus on ne peut pas trop leur en vouloir.
Dernier écueil dans le drame tragicomique du SCAF une déclaration hier du patron du groupe Airbus qui avance que le futur avion de 6ème génération serait désormais quasi obsolète car pensé avant l’invasion de l’Ukraine. Cherche t-il une voie de sortie de crise avec Dassault Aviation en proposant de repenser intégralement l’aéronef, au risque de lui donner plus de retard encore ? Ou bien entend t-il tout simplement enterrer définitivement le programme et repartir de zéro sans l’avionneur français, laissant ce dernier se débrouiller dans son coin avec un plan B dont beaucoup en France parlent depuis plusieurs mois ?
Que Dassault Aviation sache développer un avion de combat seul ne fait aucun doute, c’est la spécialité de l’avionneur depuis les années 1950 et son Ouragan. Par contre Airbus Defence aura t-il la même capacité sans l’apport technologique de BAE Systems et de Leonardo déjà engagés dans leur propre programme ? Ça c’est une autre histoire.
Bien sûr on voudrait croire que les millions d’euros engagés par Berlin, Madrid, et Paris ne l’ont pas été à pertes. Force est cependant de constater que le divorce entre Airbus Defence et Dassault Aviation a tout l’air d’avoir été consommé. C’est triste mais c’est ainsi. Et tout est de la faute des Allemands. Ou des Français ! Ça dépend sans doute de quel côté du Rhin on se place.
Illustration © MTU
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23 réponses
Bonjour à tous,
A propos du SCAF, mais aussi du MGCS puisque, je le rappelle, il s’agit dès le départ, de deux programmes liés, il y a des choses que j’ai bien du mal à comprendre. Je rappelle tout de même que ces deux programmes lancés en 2017 par Merkel et Macron avaient les caractéristiques suivantes : Les deux programmes devaient être menés à égalité de parts (ou de moyens) par la France et l’Allemagne (et eux seuls !) avec une direction (ou maitrise d’oeuvre) française dans le SCAF et allemande dans le MGCS. Rien de bien compliqué jusque là. On sait depuis, que l’Allemagne, et elle seule, a trouvé le moyen de fiche en l’air cette organisation en imposant dans les deux programmes un tiers (un soustraitant espagnol sous influence allemande pour le SCAF, et la Société Rheinmetall, elle totalement allemande) . Les français n’ayant pas mis leur veto (quelle erreur !!) il fallut donc revoir au détriment de la seule France les partages des tâches. Mais les prédominances de maitrise d’oeuvre évoquées plus haut n’étaient pas remises en cause à ma connaissance.
Dans le cas particulier du SCAF, j’avoue ne pas comprendre certains arguments avancés pour expliquer le blocage actuel. Par exemple, il est dit que les besoins des deux armées de l’air ne sont plus vraiment les mêmes. C’est une blague ?? Ils ne l’ont JAMAIS été et tout le monde le savait depuis le début. Enfin, qui ignore que les français ont un porte-avions à catapultes et les allemands non ? Qui ignore que la France a besoin d’un avion capable de transporter un missile nucléaire tandis que l’Allemagne se contente de jouer les supplétifs des américains en commandant quelques F35 ? Qui ignore que les français privilégient, avec le succès formidable que l’on connait, un avion polyvalent sachant à peu près tout faire, tandis que les allemands continuent obstinément à souhaiter un intercepteur ? On découvre tout cela en 2026 ?? Autre argument : il est dit que les allemands ne veulent pas payer pour des caractéristiques dont ils n’auraient pas besoin, savoir un avion navalisé dès le départ comme c’est le cas du Rafale, ni un avion capable d’emporter un missile nucléaire puisqu’ils auront déjà le F35 pour la bombinette US. Là aussi c’est une vaste blague. Je rappelle que la capacité d’emport d’un missile nucléaire consiste essentiellement à pouvoir placer ce missile en position centrale ! Le Rafale fut conçu en partie à cet effet en décalant les entrées d’air vers l’extérieur du fuselage pour ne pas gêner le lancement du missile ainsi qu’en plaçant les jambes du train arrière de telle sorte qu’elles n’empiètent pas trop sur le fuselage pour laisser la place à la fixation dudit missile. Ces caractéristiques sont évidemment totalement absentes du Typhoon. Pour la navalisation, il s’agit surtout de concevoir dès le départ des pièces renforcées, structure, train avant, emplacement de la crosse d’appontage, ces pièces n’étant incorporées à la construction qu’aux avions destinés à la Marine. Je ne suis pas sûr du tout que cela représente des dépenses supplémentaires telles que les français n’auraient pas accepté de les prendre à leur charge. En tout état de cause, ces éléments étaient à prendre en compte dès le départ du projet et dès la conception de l’avion et s’en servir 9 années après le lancement du projet m’apparaissent comme des arguments bien faiblards pour expliquer le blocage entre Dassault et Airbus. Et non, c’est n’est absolument pas un problème de combat de petits coqs. Simplement parce que M. Trappier est d’un autre niveau que ce genre d’argument. Il dit, depuis toujours, qu’il exige que l’accord initial soit respecté et que ce soit Dassault Aviation qui dirige le pilier qui lui est attribué (et lui seul !) Une bonne partie des autres piliers (7) étant dirigés par les allemands ou les espagnols. Ce que Airbus Defence lui conteste en voulant privilégier une direction collégiale, absolument pas envisagée dans l’accord initial, qui mettrait systématiquement Dassault en minorité face aux allemands et aux espagnols. Et M. Trapper a totalement raison !! La manoeuvre d’Airbus est grossière et montre à quel point les allemands (parce que c’est eux qui sont à la manoeuvre bien sûr) ne SUPPORTENT pas que ce soit une société française qui organise le travail. Revenons rapidement sur le MGCS : Vous ne trouvez pas étrange que le partage des tâches qui était prévu au départ, à savoir les allemands s’occupent du chassis et du moteur, les français de la tourelle, du canon et de la conduite de tir (je simplifie pour aller plus vite) ait été complètement bouleversé avec l’effraction de Rheinmetall qui veut absolument imposer son canon ?? Mais alors que reste t’il aux français ?? Je suis désolé mais pour moi, ces deux programmes sont un marché de dupes dont il faut sortir au plus tôt. Je pense même que l’Allemagne (au sens large) n’a jamais eu l’intention de respecter ces deux programmes sauf à les torpiller en prenant insolemment leur direction et en laissant des miettes à la France. Pas plus que l’Allemagne n’a respecté sa parole dans le programme MAWS qu’elle a abandonné en rase campagne sans prévenir les français, ni dans la modernisation du TIGRE qu’elle aussi abandonné en laissant espagnols et français se débrouiller etc…
4 programmes majeurs (j’en oublie sûrement !) que l’Allemagne, et elle seule, a torpillé méthodiquement pour les faire échouer et se tourner in fine vers l’oncle Sam.
J’ai été un peu long mais cela fait longtemps que j’avais envie de dire ces choses. Bien entendu, ce n’est pas du tout une critique de l’article d’Arnaud qui, enfin je pense, reprends un certain nombre d’arguments qu’on trouve couramment dans la presse, mais dont je crains qu’ils ne soient pas les vrais.
Pour finir, la lecture de votre blog, Arnaud, est un de mes plus grands plaisirs quotidiens.
Je laisse passer (et pisser) pour aujourd’hui car c’est votre premier commentaire mais sachez que tout ce qui concerne le programme de tank MGCS est ici hors sujet. Le ton un peu germanophobe n’a pas non plus sa place, 1870, 14/18, et 39/45 c’est du passé.
Premier et dernier avertissement. La prochaine fois je modère.
D’avance merci.
en effet comment croire que ce projet d’avion commun n’était pas « pipé » dès le départ… 1 avion pour 2 types d’emploi bien différents. Certes on pouvait prévoir certaines choses; comme la crosse ou la cellule renforcée mais ca aurait été au détriment du coté chasseur du point de vue masse sûrement……
Perso, je trouve la démarche un peu singulière…. mais je n’ai pas toutes les billes pour juger !
Bonjour Phil.
Non, cela n’aurait en aucun cas été au détriment de la masse puisque seuls les avions destinés à apponter seraient équipés (et donc plus lourds) tout comme les Rafale actuels.
Par exemple, environ 85 % des pièces sont communes aux rafales Marine ou terrestre.
Les versions terrestres sont plus légères car non équipées pour l’appontage.
Cordialement
@Maksy,
Vous avez très bien résumé la situation de ce programme.
Je ne comprends pas pourquoi les aviateurs allemands continuent à vouloir un avion de supériorité aérien au détriment de ses capacités air/sol, vue l’expérience Eurofighter vs Rafale où ce dernier damne le pion à son adversaire dans la majorité des confrontations.
Le patron du groupe Airbus exagère en déclarant que le NGF est quasi obsolète en se basant sur les RETEX ukrainiens, il faudrait juste en tenir compte dans le cahier des charges qui n’est pas encore figé à ma connaissance et d’autre part, il oublie les RETEX de l’opération Sindoor et des opérations aériennes menées par les israéliens où des chasseurs (avec pilote à bord) sont largement utilisés à côté des drones et des missiles de croisière.
Bien reçu Arnaud et merci pour votre mansuétude.
Je ne l’ai cité que parce que ces deux programmes étaient réellement liés dès le départ avec une sorte de pacte d’équilibre entre la France et l’Allemagne. On a vu ce qu’il en est advenu, et la France n’y était pour rien.
Pour ce que vous prenez pour de la germanophobie, ce n’est pas le cas. J’aurais simplement aimé que ce grand pays s’en tienne à l’accord initial et respecte un peu plus sa parole.
Pour le reste j’ai beaucoup d’admiration pour des tas d’autres aspects de l’Allemagne et sa culture.
Cordialement
C’est cool, on aura peut-être un nouveau moteur mais pas l’avion à mettre autour…
Salut Arnaud et les Passionnés,
Pour faire court et concis, la France n’a besoin de personne pour concevoir, produire, vendre un avion de sixième génération ! Par contre pour le financer, et ce d’autant plus dans le contexte actuel de déficit public abyssal, oui…il lui faudrait des partenaires pour « partager » les coûts énormes de ce programme. De l’autre côté du comptoir, du Rhin et des Pyrénées, nos amis teutons et espagnols ont non seulement besoin de partager les coûts comme les francais, sans doute un peu moins maintenant nos riches amis teutons depuis qu’ils ont rompu avec leur sacro sainte orthodoxie financière suite à l’invasion des russes en Ukraine, mais en plus ils ont absolument besoin des français et de leur BITD aéronautique performante et de classe mondiale pour concevoir, fabriquer et surtout vendre à l’export un avion de sixième génération …! Ce n’est pas de la « franchouillardise » mal placée comme pourraient le prétendre certains, c’est un constat admis par tous, et surtout par les principaux intéressés, ce qui ne les empêchent surtout pas d’afficher une « posture » en contradiction avec la réalité…
Nous assistons donc à un jeu de « poker-menteur » voir de « roulette russe » où tous les coups sont « presque » permis pour déstabiliser le partenaire ou plutôt l’adversaire, au regard des joutes verbales hebdomadaires.
Je dirai aujourd’hui que les francais ont plus d’atouts dans leur jeu que nos amis teutons et espagnols, mais qui va se coucher en premier ou aligner sa Quinte Flush Royale ? Chacun des joueurs espère la distribution et l’association de nouvelles cartes pour remporter la mise (recherche de nouveaux partenaires, nouveaux financements, nouveaux débouchés et marchés…). En tout cas, c’est une partie très passionnante, qui nous tient en haleine depuis des années, mais qui tire sans doute à sa fin dans les mois qui viennent, car des dates butoir approchent pour chacune des parties. Faites vos jeux !
Passionnément,
Donc si je te suis bien les autres pays européens ne seraient bons qu’à payer ? Wah c’est sûr qu’avec des types comme toi l’Europe de défense se fera, mais sans la France. Faudrait voir Christophe à sortir un peu des schémas types du 20e siècle. Rien d’étonnant qu’un franchouillard comme toi parle de « teutons », terme hautement insultant pour tous les Allemands.
Arnaud,
Avec tout le respect que tu mérites pour ton travail et tes articles quotidiens de qualité, sincèrement je n’ai de leçons à recevoir de « personne », même de la part de types cultivés et très ouverts d’esprit, dans la conception d’une Europe de la Defense, Europe de la Defense que j’appelle de mes voeux les plus chers depuis très longtemps, tout comme notre Président actuel. Par contre les faits sont là et il faudrait être naif pour les nier et refuser par pur dogmatisme la réalité de la situation du SCAF comme celles du MGCS, et autres Tigre Mk2, ou MAWS. La France et l’Allemagne ne défendent pas exactement, voir pas du tout se demande t-on parfois, les mêmes intérêts économiques, politiques, diplomatiques et militaires; c’est évident et cela ne date pas d’aujourd’hui. Même s’ils se rassemblent sous la même bannière de la défense des libertés, des valeurs démocratiques et de la paix en Europe, ce dont je me réjouis, Pro-Européen que je suis bien certainement avant toi au regard de mon âge, de fortes divergences, et c’est un euphémisme, entachent les relations entre nos deux pays depuis de très nombreuses années. Je le déplore sincèrement mais c’est la réalité; la France et l’Allemagne, pourtant membres fondateurs et piliers de l’Union Européenne, ne supportent pas que l’autre lui face de l’ombre et impose ses vues, en fait ils ne se supportent plus ou de moins en moins ! Auparavant ça se réglait comme tu le dis selon le vieux schéma de la 1ère moitié du 20ème siècle, c’est à dire par un affrontement militaire; aujourd’hui c’est sous la forme d’un affrontement d’ordre politique, économique, diplomatique que ces deux pays se font face; c’est quand même plus pacifique mais tout aussi destructeur face à cette intégration politique, économique, diplomatique, et militaire que tout Pro-européen aspire à vivre un jour… lointain certainement avec des « franchouillards » et « teutons »…comme nous !
Le SCAF est semble t-il plus un projet d’intégration européen à marche forcée, d’ordre politique lancé par Macron et Merkel en 2017, qui espéraient « naïvement » sans doute, que tous les écueils d’ordre économique et militaire inhérents à ce type de projet « rassembleur » seraient surmontés. Il n’en fut rien finalement, même si des règles précises ont été clairement définies et approuvées par les partenaires du projet comme celles du « Best Athet » selon des piliers précis. Le problème vient du fait que ces règles du « Best Athlet » ne sont pas respectées, ou sont biaisées… mais par qui donc ?
Si tu n’as pas compris aujourd’hui que de l’autre côté du Rhin, un nouveau pouvoir politique, économique, syndicale, et maintenant militaire s’est réveillé et poursuit l’objectif de dominer l’Europe, il va falloir que tu ouvres les yeux. Au niveau économique et financier, la dominance germanique est réelle, et dorénavant c’est au niveau politique, diplomatique et militaire que se situe la prochaine étape germanique. Mais là, le bas blesse un peu car il y a un écueil, son meilleur « ennemi », ou plutôt adversaire pour rester diplomate comme toi,… la France, qui de son côté détient un pouvoir certain du « 20ème siècle » comme son siège de membre permanent au Conseil de Sécurité que certains voudraient s’arroger au nom d’une « Europe Solidaire », de sa bombinette nucléaire dans une Europe vassalisée et aujourd’hui lâchée par son « Mac », de son armée puissante même si parfois embryonnaire, de sa BITD d’excellence et exportatrice, de son expérience et forte présence, même si sous-estimée, dans la gestion des relations internationales…
« Ach…,il va falloir composer avec ces Frantzmann » et ça, ce n’est plus trop dans l’état d’esprit de la nouvelle classe dirigeante allemande ou teutonne, c’est selon, dont les dérives nationalistes et populistes pointent petit à petit leur nez…Tu ne le vois pas ?
Alors libres à toi de me qualifier « péjorativement » de « franchouillard » anti-teutons, couvert de son béret, la baguette sous le bras, accoudé au comptoir du bar de l’Escadrille; mais « fais l’effort » de penser que lorsque je mentionne nos amis « teutons », je le fais évidemment sans « agressivité » mal placée mais en référence à la noblesse impérialiste allemande, dont la classe dirigeante actuelle, politique et économique se prévaut de plus en plus; évidemment et c’est navrant de penser que j’insulterai sciemment le peuple allemand, au sein duquel j’ai vécu quelques temps en toute quiétude avec des personnes très accueillantes comme tout bon français ou européen …!
Alors tu vois, comme toi, ça m’arrive de ne pas mâcher mes mots et je peux aussi avoir mes « coups de gueule » comme toi.
Ça ne m’empêchera pas d’ouvrir tous les jours mon site préféré d’aviation pour découvrir ton actualité et d’apporter parfois ma petite contribution à ce site…Bon, c’est clair que je n’ai pas ta productivité, mais je n’ai pas non plus le « même talent »…
Passionnément,
Bonjour à tous et à toutes,
Pourquoi la construction du Typhon II a t-il bien fonctionné, malgré le nombre d’actionnaires et de constructeurs à gros cou comme Léonardo ou Airbus Defence ?
Bon BBQ ce week-end.
Un constructeur qui défend ses intérêts a un gros cou ?
Les consortium Panavia et Eurofighter ont parfaitement fonctionné parce que Dassault n’en faisait pas partie.
Alors là d’accord bien sûr, tout comme le couple britanno-français pour le Concorde à aussi fonctionné, mais quasiment en doublant les coûts finaux si je me souviens bien. Le Panavia Tornado fonctionne, un avion qui a de la gueule mais aussi des coûts de fonctionnement très élevés et, pour le peu que j’en sais, une interface homme-machine assez gourmande en ressources du pilote (pour rester poli).
L’Eurofighter fonctionne aussi très très bien dans sa fonction initiale de chasseur de supériorité aérienne, mais son développement a coûté grosso-modo le quadruple de celui du Rafale, avec dépassement du budget initial de 75 à 100% (soit pour chacun des 4 pays associés un budget assez comparable à celui du Rafale en France), son coût à l’heure de vol d’environ 60 k€ (16 à 20 k€ pour le concurrent français). Dans ses auditions, Monsieur Trappier ne porte pas vraiment dans son coeur l’Eurofighter, à juste raison car avec un budget presque pharaonique, le consortium a « pondu » un appareil globalement inférieur au Rafale sur tous les plans (sauf interception au dessus de 40000 ft), beaucoup moins discret (SER x10 à x20…), complexe à maintenir et à l’heure de vol qui compte triple… C’est vraiment moyen moyen comme bilan au final.
Donc oui la coopération peut fonctionner, mais à quel coûts? Et je ne suis pas si sûr que le fonctionnement soit parfait, loin de là. Il me semble aussi que le développement (encore au stade embryonnaire) du GCAP se heurte (déjà) à pas mal de difficultés entre partenaires (dont le Japon). Et si l’Allemagne abandonne le Scaf pour rejoindre le programmeTempest II, comment les pays initiateurs vont repartager le gâteau avec une Allemagne qui ne se contentera pas de miettes? On va dévaliser le rayon du maïs à pop-corn pour revivre un Scaf bis car vu les prétentions et exigences de notre grande voisine, il ne saurait guère y avoir d’autre issue. Un spectacle bien navrant, une mauvaise série Z, présentées par le coeur de l’Europe, Europe qui a développé deux avions très performants et complémentaires (Rafale et Gripen, avec des suédois qui, vraiment, auraient été mieux inspirés d’équiper leur cellule avec des matériels non américains).
Au plaisir de continuer à vous lire et honorer la qualité de votre travail et de toute l’équipe.
Le Tornado était considéré un des meilleurs sinon le meilleur avion pour ce qu’il a été créé : l attaque à basse altitude. Avion compliqué bien sûr mais comme un f111 ou autre avion de l’époque et le Tornado est encore en service. Sur le Typhoon, de justes points Soleil Levant, mais est-ce pourtant un échec comme le suggère nombre de commentaires ou Éric Trapier? Je ne pense pas. Comme j’ai écrit dans un commentaire précédent, je pense que l’appareil a souffert du développement extrêmement tardif d’un radar AESA. L’avion a quand même été commandé par l’Autriche, l’Arabie Saoudite, le Koweït, le Qatar, Oman et la Turquie.
Una buona serata a tutti
Bonjour Arnaud,
Vous n’allez pas que vous faire des amis quand un blog comme le vôtre et celui de votre équipe ose critiquer cette société aux produits remarquables, mais dont l’esprit est peu compatible avec le compromis, exactement comme vos différents partis politiques.
Chez nous, il faut dix-huit mois pour constituer un gouvernement et peut-être pas toujours comme je l’aimerais dans ces décisions militaires bien trop américaines,c’est la rançon du SHAPE sur notre territoire.
Rassurez vous Ptilulu les rapports entre Avions Légendaires et Dassault Aviation n’ont jamais vraiment été au beau fixe. Les coups de pression du service com’ de l’avionneur nous connaissons, je peux vous dire que notre webmaster Gaëtan et moi même avons eu à en gérer quelques uns. Ils veulent des médias aéro avec le doigt sur la couture du pantalon. C’est mal nous connaître.
Désolé Arnaud mais argument sans fondement et sans intérêt.
Et pourtant c’est une réalité James, tous les consortiums européens dans lesquels Dassault n’intervient pas fonctionnent très bien. Dès que l’avionneur français met les pieds quelque part il refuse tout partenariat et veut systématiquement tirer la couverture à lui.
Bonjour à tous,
pour commencer, je ne suis en aucune manière germanophobe, ayant fait allemand 1ère langue et avoir été marié à une Allemande. Mais factuellement, sur le plan politique, l’Allemagne n’est ni loyale ni fiable ni respecteuse de la France depuis plus de 20 ans, son attitude est constante et indigne d’un vrai partenaire. Je le redis sans aucune germanophobie, mes yeux sont ouverts, c’est tout.
Le SCAF devait être un avion européen. La puissance militaire européenne pour les forces conventionnelles (comprendre sans l’arsenal nucléaire Français), parait bien insuffisante voire très faible, en regard de la somme cumulée des budgets de Défense, l’Europe d’aujourd’hui est gravement déclassée sur le plan mondial. Que l’Allemagne ne veuille pas d’un avion naval, on peut tous le comprendre (et quelque part probablement tant mieux) mais d’autres nations ont des forces aéronavales (notoirement l’Italie et l’Espagne) qui auraient aussi probablement besoin d’un avion naval pour porte-avion Catobar. Avec plus de portes-avions, la puissance de projection de l’Europe change de dimension. Et forcément PA Catobar pour avoir des avions radar de type Hawkeye et lancer les avions à leur masse maximale. Les missiles de croisière antinavals ayant des portées de centaines de kilomètres, les portes-aéronefs à rampe de type STOVL, équipés de F35B, me paraissent bien plus vulnérables vu l’allonge (très) limitée du F35B dans ces conditions d’emploi. Et faire voler des avions ravitailleurs à moins de 400 km des frontières ennemies me parait bien imprudent…
Les sociétés Marcel Bloch, puis Dassault Aviation, c’est près de 90 ans de savoir-faire dans la conception des cellules et et commandes de vol d’avions de combat en totale autonomie. Le groupement Airbus Defence n’a jamais construit seul une cellule d’avion de combat avec les commandes de vol. Les très apparents et factuels défauts de conception de l’Eurofighter Typhoon sont connus de tous (et Airbus Defence n’était pas seul). La capacité d’emport de charges volumineuses au point ventral est très importante du point de vue opérationnel (pour respecter les limites de centrage de l’avion, entre autres, se rappeler du pod ventral du B58 Hustler…), tout autant que l’indépendance complète des 2 réacteurs pour un bimoteur. Le débat est donc clos. La coopération qui fonctionne pour la motorisation entre l’allemand MTU et Safran est une parfaite illustration du respect mutuel: MTU sait faire les parties froides, et gagnera beaucoup de savoir-faire ( et sans perte pour Safran) en développant ce moteur, le tout sans vouloir piller l’expertise de très haut vol de Safran sur les « parties chaudes » (pas de mauvais esprit voyons…). Même si les difficultés sur la cellule et les CDV seraient résolues par miracle, je crains une foire d’empoigne sans nom pour toute la partie électronique (50% de l’avion?) car là beaucoup de savoir-faire d’excellente qualité tant en Allemagne qu’en Espagne, qu’en Italie et bien sûr en France.
Quant aux drones « low cost » qui arrivent en essaims à basse vitesse et basse altitude, cela me parait vraiment plus relever de la défense antiaérienne (lasers haute énergie, brouilleurs) que de la chasse. La Chine sait faire voler synchro des milliers de drones simultanément (record à 14 000?) pour le civil (alors le militaire…). Aucun avion de chasse ne pourra faire qqch de significatif devant un tel nombre de cibles (qui peuvent être espacés de dizaines voire centaines de mètres).
Mais personne n’est obligé de me croire.
Avec mes salutations aéronautiques.
Voilà un commentaire ô combien intéressant car un commentaire qui n’insulte pas les autres. M’enfin c’est facile pour certains de masquer le vide argumentaire derrière des termes comme boches ou teutons. Merci Soleil Levant pour votre avis tranché mais respectueux.
Article passionnant, très bien écrit et argumenté, des réponses vraiment formidables de passionnés… What else?
Et je confirme Soleil Levant, la marine italienne prévoit pour 2040 un futur porte-avions catobar (en espérant que l’Italie achètera européen pour les chasseurs à mettre dessus, bon ça c’est une autre histoire…)