Alors qu’un Boeing C-40B Clipper vient d’amener la présidente de la Chambre des Représentants Nancy Pelosi le monde a désormais les yeux tournés vers Taïwan. Il faut dire que depuis quelques mois Pékin multiplie les provocations et les menaces à l’encontre de l’île état dont elle refuse toujours l’indépendance. Craignant une invasion de celle-ci Washington a décidé d’envoyer sur zone son porte-avions USS Ronald Reagan ainsi que Lightning Carrier USS Tripoli. Le porte-aéronefs de guerre amphibie USS America demeure de son côté dans un port-base au Japon, prêt à appareiller sur ordre de la Maison Blanche.

Advanced Hawkeye, l’œil de l’US Navy.

Beaucoup craignent un scénario proche de celui que l’Ukraine a connu en février 2022 quand la Russie a lâchement décidé de l’envahir sans aucun préavis. Une telle action de la Chine contre Taïwan ne relève désormais plus du fantasme et/ou du storyboard hollywoodien. Elle est prise très au sérieux par les stratèges alliés.
Sauf que là où il a suffit au dictateur russe de masser des troupes à la frontière avec l’Ukraine la chose est sensiblement plus difficile pour Taïwan : c’est une île. La Chine devra donc y débarquer ses troupes tout en réalisant des frappes aériennes contre les installations civiles et militaires du pays. Or cette insularité a toujours protégé les Taïwanais de la menace chinoise. En outre elle est un argument de poids pour son principal allié : les États-Unis.

L’aide militaire américaine prend donc la forme de navires de guerre de l’US Navy avec en première ligne le porte-avions USS Ronald Reagan et ses quatre escadrilles de chasseurs multi-rôles Boeing F/A-18E/F Super Hornet, son escadrille d’avions de guerre électronique Boeing EA-18G Growler, ses AWACS embarqués Northrop-Grumman E-2D Advanced Hawkeye, son avion de transport tactique Grumman C-2A(R) Greyhound, et ses hélicoptères de protection et d’appui Sikorsky MH-60R Seahawk et MH-60S Knighthawk.
À ses cotés vogue le porte-avions léger USS Tripoli embarquant des chasseurs furtifs d’attaque Lockheed-Martin F-35B Lightning II, des convertiplanes de transport tactique Bell Boeing MV-22B Osprey, et là encore des hélicoptères de protection et d’appui Sikorsky MH-60R Seahawk et MH-60S Knighthawk.

Le Growler demeure essentiel à toute présence de porte-avions américain dans le monde.

Le Pentagone est resté, logiquement, assez flou sur le dispositif militaire déployé autour de Taïwan. On sait néanmoins que deux Boeing F/A-18E Super Hornet de l’US Navy ont escorté le Boeing C-40B Clipper de l’US Air Force avec madame Nancy Pelosi à son bord. Pour mémoire elle est la n°3 du régime américain, et donc une personnalité très sensible.
Les chasseurs étaient armés de missiles air-air AIM-120 AMRAAM bons de guerre.

En parallèle des deux puissants navires de guerre déjà cités et de leurs aéronefs embarqués deux bâtiments d’accompagnement croisent également dans la région. Ils ont généralement un ou deux hélicoptères de combat maritime Sikorsky MH-60R Seahawk et/ou MH-60S Knighthawk à leur bord. Il s’agit du croiseur lance-missiles USS Antietam et du destroyer lance-missiles USS Benfold. Ce dernier croise notamment dans le détroit de Formose, au plus près de la crise sino-taïwanaise.

Knighthawk et Seahawk sont indissociables du concept de Lightning Carrier.

Il n’est évidemment pas question que l’US Navy joue la provocation face à la puissance militaire chinoise. Son rôle est avant tout diplomatique. L’Amérique préfère bander les muscles afin de faire au maximum retomber la pression. Jusqu’où ce vieux rôle de gendarme du monde marchera t-il ? Fonctionne d’ailleurs t-il encore en 2022 ?
Nous n’allons sans doute pas tarder à le savoir.
Affaire donc à suivre.

Photos © US Navy.

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2 COMMENTAIRES

  1. J’aurais tendance à croire que jamais la Chine se risquerait à envahir militairement Taiwan, mais je croyais aussi que la Russie ne déclencherait jamais une guerre en Europe.

    • En Europe la guerre la Russie l’a déjà faite. Les guerres dans le Caucase, étaient européennes. L’Ukraine est aussi européenne que le Caucase. C’est mon impression.

      Mais la tâche chinoise est infiniment plus difficile.
      Et ce jeu diplomatique de qui qui a la plus grosse, cache mal, la totale incertitude concernant l’issu d’un conflit dans cette partie du monde.
      Peut être cette incertitude maintiendra le statut quo?

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