Ce vendredi 19 juin 2026 au matin les 3100 mètres d’asphalte de la piste 05/23 de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac ont vu passer le petit dernier de l’avionneur français. Le prototype de jet d’affaire très long-courrier Dassault Aviation Falcon 10X y a réalisé son premier vol. À 12 000 mètres d’altitude ce superbe biréacteur a atteint la vitesse de mach 0.82 avant de revenir quelques temps plus tard sur le plancher des vaches. Ses concurrents directs, Bombardier et Gulfstream, sont donc prévenus : il arrive.
Présenté en grande pompe à la fin de l’hiver dernier on attendait ce premier vol pour le début du printemps. Ça aura finalement été à la fin de la saison que le Dassault Aviation Falcon 10X aura réalisé son premier décollage, et aussi son premier atterrissage. C’est pas plus mal de faire les deux, ça évite bien des déconvenues…
Plus sérieusement le pilote d’essais Sébastien Dupont de Dinechin et son copilote d’essais Fabrice Dougnac ont eu cent cinquante minutes, entre 11 heures 10 et 13 heures 40, hier pour faire prendre les airs à ce nouveau jet d’affaire. Deux heures et demi durant lesquelles tout porte à croire que ce prototype a parfaitement répondu aux attentes des ingénieurs et techniciens qui l’ont fait naître.
Pour l’occasion il portait l’immatriculation provisoire F-WINS.

Comme à son habitude l’avionneur clodoaldien se prépare à affronter ses concurrents américains Gulfstream et canadiens Bombardier, avec respectivement le G700 et le Global 7500. Particularité notable : tous deux sont déjà présents sur le marché. Cependant l’arrivée d’un nouveau venu estampillé Dassault Aviation est forcément une mauvaise nouvelle pour ces deux constructeurs qui vont devoir partager le croustillant gâteau des vols longs et très longs-courriers.
Ce premier vol, réalisé dans les dantesques conditions de la vague caniculaire qui touche la quasi totalité de la France, doit aussi permettre de mettre derrière le Falcon 10X ses déboires sur le marché militaire. Une éventuelle version navale ne remplacera pas les avions de patrouille maritime turbopropulsés Dassault-Breguet ATL-2 Atlantique. Le ministère des Armées lui a préféré l’A321 MPA de chez Airbus Defence. De même une option AWACS autour du système GlobalEye commandé par l’Armée de l’Air et de l’Espace semble désormais très compromise, notamment aux vues de l’urgence de remplacer les Boeing E-3F SDA actuellement en dotation.

Comme tout bon jet d’affaire le Falcon 10X vise surtout les marchés civils. Et à n’en pas douter c’est un futur très grand qui a pris son envol hier en fin de matinée. Certaines sources indiquent une possible double certification française et européenne pour la fin de l’année prochaine.
Affaire à suivre.
Photos © Dassault Aviation.
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