L’abandon du SCAF la semaine dernière a été un mini séisme dans le monde aéronautique. Si la France reste encore dans le flou entre un Super Rafale franco-français et une resucée européenne avec la Suède l’Allemagne et l’Espagne ne sont pas mieux lotis. Leur éventuelle entrée dans le programme euro-japonais GCAP est loin de faire l’unanimité, notamment en Italie. Si les cartes ont été rebattues rien ne dit qu’elles l’aient été pour le bien de la défense européenne.
De ce côté ci du Rhin et des Pyrénées on a tendance à croire que seul Dassault Aviation en Europe est capable de faire un avion de combat digne de ce nom. Soit les Français sont des ânes soit ce sont les rois de la mauvaise foi. J’opterais plutôt pour cette seconde option. Il suffit de voir l’évolution Tranche 4 et la future Tranche 5 de l’Eurofighter EF-2000 Typhoon pour se rendre compte qu’Airbus Defence est loin d’être mauvais. Car c’est bien cet avionneur qui soutient plus de la moitié de ces modernisations contemporaines.
Pour autant faire évoluer un chasseur de génération 4.5 pas mauvais en super chasseur de génération 4.5 sera t-il nécessaire aux Allemands et Espagnols pour se lancer seuls dans un de 6ème génération.
Car il est désormais envisageable que la branche défense du groupe Airbus se retrouve seule dans cette aventure après son divorce de l’avionneur français Dassault Aviation. Si les Britanniques et les Japonais restent étonnamment muets depuis quelques jours il en est tout autrement des Italiens. Chez Leonardo on voit d’un mauvais œil l’arrivée d’ingénieurs allemands et espagnols qui viendraient bouleverser l’ordre établi entre ingénieurs britanniques, italiens, et japonais. À trois la partage des tâches a déjà été complexe à trouver mais si tout doit être remis sur la table en ajoutant deux partenaires supplémentaires cela risque vite de tourner à la foire d’empoigne. C’est là la crainte des dirigeants de Leonardo qui au passage craignent de perdre en autonomie industriel aux profits de l’ogre Airbus Defence.
Il faut dire que le divorce autour du SCAF a été suffisamment long et médiatisé pour que tout le monde sache désormais que ni Airbus Defence ni Dassault Aviation ne lâche quoi que ce soit quand il s’agit de tenir son os à ronger. L’avionneur européen représente donc t-il un partenaire intéressant pour le programme GCAP ? Les Italiens semblent en douter fortement. La parole des Britanniques et des Japonais sera donc essentielle pour ce plan B.
En parlant de ça il semblerait que les Allemands aient déjà un plan C en poche, sans les Espagnols, appelé Team 6th Gen et regroupant exclusivement des entreprises sises outre-Rhin.
Vous aurez compris que si la disparition du programme SCAF semblait inévitable elle n’a pas l’air d’avoir vraiment été préparée, en tous cas pas dans l’immédiate succession. Les Français avancent dans le noir, les Allemands et les Espagnols pataugent. Espérons qu’ils ne vont pas être amené à regretter le divorce de leur trouple bancale.
Affaire à suivre.
Illustration © BAE Systems
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