Les anglosaxons les appellent des gate guards, nous autres Français préférons l’imagée expression de pots de fleurs ; ça revient rigoureusement au même. Généralement on les trouve à l’entrée voire à l’intérieur de bases aériennes, parfois visibles par le public et d’autres fois non. Le Lockheed A-12 Oxcart dont il est question ici est situé dans un des endroits les plus mythiques aux États-Unis : le siège de la CIA à Langley en Virginie. L’avion a été rénové à l’automne 2025.
Central Intelligence Agency ; les services de renseignement extérieur des États-Unis. C’est l’équivalent de notre DGSE française, avec juste un chouïa plus de moyens. Et parmi ceux-ci ont longtemps figurés des avions espions dont plusieurs sont entrés dans la légende des airs : Lockheed A-12 Oxcart donc mais aussi Lockheed U-2 Dragon Lady, Lockheed SR-71 Blackbird, ou encore Martin RB-57 Intruder. Leurs missions ? Espionner tout ce que l’Amérique comptait comme adversaires potentiels voire comme ennemis durant les années de guerre froide. Autant dire que la Chine, l’Iran, le Pacte de Varsovie, et bien sûr l’Union Soviétique étaient au menu. Avec parfois quelques ratés, comme un certain 1er mai 1960…

De tous ces avions de reconnaissance stratégique, un terme aimable et policée pour parler d’espionnage aéroporté, le Lockheed A-12 Oxcart est sans doute le plus méconnu. Précurseur direct du SR-71 Blackbird il a donné naissance au Lockheed M-21, avion porteur du célèbre drone longue portée D-21 du même avionneur. Surtout avec l’Oxcart la CIA dispose enfin d’un moyen capable de damer le pion des batteries de DCA et de la chasse engagées par Moscou. Il dépasse Mach 3 en vitesse de croisière, et jusqu’à Mach 3.35 en VNE, pour un plafond pratique flirtant avec les trente kilomètres d’altitude. C’est à cause de lui que Mikoyan-Gurevich développera ensuite son redoutable chasseur MiG-25 Foxbat.
En fait l’A-12 Oxcart c’est un peu le gros gros kif des complotistes américains. La CIA, Lockheed-Martin, et l’US Air Force ne cachent plus rien à son sujet mais les neuneus théoriciens du «on nous ment, on nous cache tout» sont persuadés qu’il y a encore des zones d’ombres autour de lui. Tu parles, neuf d’entre eux sont aujourd’hui préservés aux USA dont le porteur du serial 60-6931 qui nous intéresse ici.

Or le 60-6931 est sans doute celui qui cristallise le plus les interrogations puisqu’il sert de pot de fleurs au siège de la CIA à Langley non loin de Washington DC. Vous savez là où Jack Ryan a son bureau… Et donc l’avion a subi une cure de jouvence entre septembre et octobre 2025. Et clairement le résultat est super chouette car l’avion semble paré à reprendre les airs.
Qu’en dites vous ?
Photos © CIA
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4 réponses
Mais qu’est ce que j’adore cet appareil, je rêve un jour de le voir en vrai dans un musée. Il est complètement hors catégorie, avec un saut technologique peut être sans pareille dans l’histoire de l’aviation. Et j’aurais vraiment aimé voir cette histoire de joints qui fuyaient au sol.
Et, encore une fois, de magnifiques photos offertes par Avions Légendaires, merci!
Quelle gueule !
sait-on à quoi correspondent les deux étoiles du socle? hommage à un équipage disparu lors d’une mission pour la CIA…(comme sur le mur dans l’entrée de Langley, ou tout du moins , sa version hollywoodienne)?
2 victoires aériennes contre des Mig-28 😉
Le dessin reste futuriste malgré l’âge et surtout la motorisation qui je suppose a été enlevé de ce pot de fleur reste l’unique moteur hybride (turbo-stato-réacteur) du monde, ce qui permet le décollage et l’atterrisage par ses propres moyens.