Nous vous annoncions déjà ce déploiement il y a deux semaines, cependant celui-ci a pris un certain retard. Depuis trois jours l’USS George H.W. Bush vogue, avec ses destroyers d’escorte, à travers l’Atlantique nord en direction du détroit de Gibraltar. S’il n’embarque pas de Lockheed-Martin F-35C Lightning II une nouveauté est cependant présente à bord : le Bell-Boeing CMV-22B Osprey. Epic Fury sera donc la première action de guerre du convertiplane de l’US Navy.

On pourrait penser que cela fera trois porte-avions américains en zone de guerre face à l’Iran mais c’est sans doute faux. En effet l’escale technique de l’USS Gerald R. Ford en Croatie, après un incendie au niveau de la blanchisserie, semble se prolonger plus longtemps que prévu. Entre ça et ses WC bouchés le fleuron de l’US Navy n’a vraiment pas l’air adapté à la guerre de haute intensité. Rappelons que deux marins qui travaillaient dans la dite blanchisserie ont été grièvement brûlés et évacués depuis vers un hôpital militaire de Norfolk aux USA.
Le déploiement à marche forcée de l’USS George H.W. Bush ressemble donc beaucoup plus à un renfort en remplacement de l’USS Gerald R. Ford qu’à autre chose.
Pas de Lockheed-Martin F-35C Lightning II donc à bord, contrairement à l’USS Abraham Lincoln lui aussi engagé sur Epic Fury et dont les chasseurs furtifs participent activement aux actions de guerre. En cela l’aviation embarquée des USS George H.W. Bush et USS Gerald R. Ford se ressemblent beaucoup. Le «nouveau venu» embarque quatre formations sur Boeing F/A-18E/F Super Hornet sous la forme de la VFA-103 Jolly Rogers sur biplaces en tandem et des VFA-83 Rampagers, VFA-105 Gunslingers, et VFA-131 Wildcats sur monoplaces. Il convient évidemment d’y ajouter les Boeing EA-18G Growler et Northrop Grumman E-2D Advanced Hawkeye des, respectivement, VAQ-140 Patriots et VAW-116 Sun Kings. C’est donc quasiment du copier-coller entre les deux bâtiments de guerre. D’autant que logiquement les hélicoptères Sikorsky MH-60R Seahawk et MH-60S Knighthawk se trouvent à bord de l’USS George H.W. Bush, appartenant là encore respectivement aux escadrilles HSM-46 Grandmasters et HSC-5 Nightdippers.
En fait la seule nouveauté à bord est à chercher du côté des COD, les Carrier Onboard Delivers, ces avions de transport embarqués. Exit le vénérable (et si attachant) Grumman C-2A (R) Greyhound et bonjour l’ultramoderne Bell-Boeing CMV-22B Osprey. Un embarquement qui outre-Atlantique fait déjà polémique parmi les cercles informés.

En effet jusque là l’escadrille VRM-40 Mighty Bison auxquels appartiennent les deux CMV-22B Osprey déployés à bord de l’USS George H.W. Bush était jusque là restreinte dans ses vols. Cela faisait suite aux nombreux accidents et incidents techniques ayant touchés les CV-22B Osprey de l’US Air Force et les MV-22B Osprey de l’US Marines Corps. Le Naval Air Systems Command s’astreignait à ces restrictions de vol estimant les conclusions données par les experts du consortium Bell-Boeing et de l’US Air Force non adaptées aux besoins d’un avion dit de COD.
Pourquoi alors un tel revirement en quelques jours ? C’est ce que plusieurs parlementaires américains, démocrates mais aussi républicains, ont demandé au Navy Yard et à l’US Department of War. Il semble que pour le moment leurs interrogations soient demeurées lettres mortes.

On ignore actuellement si l’USS George H.W. Bush demeurera en Méditerranée orientale, afin notamment de réassurer Israël, ou s’il franchira le canal de Suez afin de rejoindre l’USS Abraham Lincoln au plus près des côtes iraniennes. Ce qui est sûr c’est qu’il est attendu dans la région en milieu de semaine prochaine.
Les destroyers lance-missiles USS Ross, USS Donald Cook, et USS Mason assurent son escorte. Ce dernier est notamment en charge de sa protection contre les menaces venant des airs. Chacun embarque un hélicoptère.
Affaire à suivre.
Photos © US Navy
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Une réponse
C’est quand même super inquiétant, tous ces matériels militaires états-uniens de premier plan, développés, puis produits ces trente dernières années qui connaissent tous de graves dysfonctionnements et/ou des coûts réels de développement et de MCO ayant explosés et conduisant à une réduction significative du nombre d’unités produites… Je ne vois même pas un contre-exemple valable!