C’est l’aboutissement d’une discrète carrière qui débuta en 1987. Si le dernier vol opérationnel d’une telle machine remonte au jeudi 10 c’est ce vendredi 25 septembre 2026 que l’US Air Force a prononcé le retrait officiel du service du Sikorsky HH-60G Pavehawk. Cet hélicoptère de recherches et de sauvetages au combat a communément été pendant plusieurs années considéré comme le nec plus ultra de sa catégorie. Son remplacement par le HH-6W Jolly Green II a débuté voici près de six ans, en novembre 2020.

Comme c’est souvent le cas dans l’US Air Force avec l’ensemble de ses hélicoptères le Sikorsky HH-60G Pavehawk a rapidement dépassé le strict cadre de sa mission d’origine en l’espèce du C-SAR, le Combat – Search And Rescue, ou recherches et sauvetages au combat en français. Il s’est rapidement adapté au simple SAR, la recherche et le sauvetage hors champ de bataille menant ainsi des missions qu’on qualifierait en France de service public. C’est d’autant plus vrai auprès des unités d’Air National Guard d’Alaska, de Californie, et de New York. Dans le second d’entre eux il s’est même mué dès le début des années 1990 en ponctuel hélicoptère bombardier d’eau via l’emport d’un Bambi bucket.
Sauver des vies civiles en mer ou encore en montagne, participer à la guerre du feu, mais aussi parfois simplement assurer des évacuations sanitaires de jour comme de nuit le HH-60G Pavehawk savait décidément tout faire. Et c’est cette polyvalence qui a rendu la définition de son successeur aussi difficile pour l’hélicoptériste Sikorsky.
En développant son HH-60W Jolly Green II le constructeur savait qu’il devait intégrer tout le retour d’expérience du HH-60G Pavehawk autour d’une avionique améliorée et d’une motorisation revue. C’est un peu le même cheminement qui a conduit en Europe à passer des A-109 Hirundo aux AW.109 Power chez Agusta-Westland et des EC-145 aux H145 chez Airbus Helicopters : faire encore mieux qu’un excellent modèle. Si cela a marché sur le Vieux Continent il faudra encore attendre quelques années avant de savoir si Sikorsky a réussi.
Car donner un successeur à un hélicoptère aussi réussi que le HH-60G Pavehawk est sans doute très complexe. L’appareil jouit, à juste titre, d’une image de marque de premier plan auprès des militaires américains. Il était réputé fiable, puissant, facile d’emploi et d’entretien, capable d’opérer par à peu près tous les temps, et d’une prise en main aisée par les jeunes pilotes. Entre 1987 et 2026 le Pentagone a estimé à plus de 7000 le nombre de vies sauvées par cette machine, personnels militaires et civils confondus. Ça fait une moyenne de presque 180 par an, ce qui n’est pas mal du tout quand on sait le nombre d’hélicoptères de recherches sauvetages et d’Évasan présents aux USA.

Depuis avant-hier donc les Sikorsky HH-60W Jolly Green II assurent seuls les missions de C-SAR et de SAR au sein de l’aviation américaine. Sont-ce pour autant les seuls évolutions du Blackhawk dans l’US Air Force ? Non car les très (mais alors très très) discrets MH-60G Ghosthawk sont eux toujours en service actif.
Photos © US Air Force
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