Cette acquisition ne remet nullement en question l’intérêt que la Sécurité Civile pourrait avoir pour certains programmes tricolores comme par exemple le Kepplair Évolution Kepplair 72 actuellement en développement. Ce jeudi 4 juin 2026 monsieur Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a fait savoir que la France allait commander en urgence un second lot de deux avions bombardiers d’eau De Havilland Canada DHC-515 Firefighter. Une première acquisition avait été, fort discrètement, décidée en 2024 deux après le premier de nos mégafeux afin de compenser les actuels Bombardier CL-415 à bout de souffle. On ne peut s’empêcher de voir dans cette commande un achat de transition, en attendant que l’Hynaéro F100 Frégate sorte des bureaux d’études et ne devienne une réalité palpable.
Pour mémoire la France aligne aujourd’hui douze Bombardier CL-415 totalement à bout de souffle.
Quinze avaient été acquis dans les années 1990 mais trois ont été perdus en opérations : Pélican 43 en novembre 1997, Pélican 41 en mars 2004, et enfin Pélican 36 en août 2005. Depuis des incidents ont bien eu lieu mais sans que cela n’occasionne la destruction des amphibies, et encore moins la mort des équipages. Les avions accidentés sont réparés grâce au génie et la débrouillardise des mécanos de la Sécurité Civile. Et pour les pilotes ? Bah se mettre aux commandes d’un avion bombardier d’eau continue de faire rêver les pilotes militaires, donc les recrutements réussissent à se faire sans trop de souci. Il y a toujours nettement plus de demandes que de places.
Face à cette flotte hyper vieillissante des programmes existent comme les F-100 Frégate et Kepplair 72 tous deux français et actuellement en développement industriel. Pourtant l’urgence est là et la Sécurité Civile a besoin de stabilité. Il lui faut des avions capables d’écoper de l’eau pour aller frapper les feux d’espaces naturels dans les meilleures conditions.
D’où la décision de Laurent Nuñez de commander en urgence ces deux DHC-515 Firefighter à l’avionneur De Havilland Canada. Prenant la mesure de la situation il inscrit ses pas dans ceux de Gérald Darmanin lorsqu’il était à Beauvau et rompt définitivement avec son prédécesseur Bruno Retailleau, lequel ne semblait pas plus intéresser que cela par les questions de protection environnementale. Il préférait soigner son image de présidentiable (bien à droite) en faisant la chasse aux migrants plutôt qu’en anticipant le vieillissement des avions bombardiers d’eau. Nuñez n’a pas l’air intéressé par le Salon Doré, préférant le service de l’état à son propre avenir politique.
Si les deux avions acquis par la France voici deux ans devraient arriver dans l’Hexagone d’ici deux ans ceux dont la commande a été annoncée aujourd’hui n’y parviendront pas avant le début de la décennie prochaine. Là encore le ministère de l’Intérieur, et par effet de ricochet la Sécurité Civile, paye la mauvaise gestion de Bruno Retailleau qui n’a pas su (ou pas voulu) voir l’urgence de remplacer les plus vieux de nos CL-415 par des DHC-515 flambants neufs.
L’achat d’avions bombardiers d’eau au Canada est beaucoup moins vendeur auprès d’un certain électorat que la rafle de migrants sur les plages du Pas-de-Calais. Je n’en dirais pas plus.
On ne peut donc que saluer la décision de l’actuel ministre de l’Intérieur d’essayer de réparer les pots cassés en commandant ces deux DHC-515 supplémentaires. Finalement la France reste cliente de l’industrie aéronautique canadienne spécialisée dans les avions bombardiers d’eau. Et cela tout en essayant de jouer la carte de l’indépendance… voilà un sacré numéro d’équilibriste.
Affaire à suivre.
Photo © De Havilland Canada
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