Les Alliés ne sont pas forcément des partenaires et même parfois de vrais adversaires ; c’est d’autant plus vrai sur les marchés liés au domaine de la défense. L’actuelle administration fédérale américaine semble avoir décidé de tout faire pour que le Dassault Aviation Rafale F4 ne se vende plus, surtout sur les marchés où le Lockheed-Martin F-35A Lightning II est fragile. En cela elle s’inscrit plus ou moins dans les pas de sa prédécesseuse, l’administration Biden dont on se souvient qu’elle avait usé de subterfuges douteux notamment avec la Suisse ! Est-ce le signe que Washington DC a compris depuis longtemps que son chasseur de 5ème génération était faillible vis-à-vis du génération 4.5 français ?
Fondamentalement qu’est-ce qui différencie le F-35A Lightning II du Rafale ?
Pas la polyvalence puisque l’avion français peut mener autant de profils de missions différents que son concurrent américain. Pas non plus la capacité de détection puisque le radar RBE-2 du Rafale fait largement aussi bien que l’AN/APG-85 du F-35A Lightning II ; Thales et Northrop Grumman ont tous deux dans leurs coins réalisé des équipements très adaptés à leurs avions respectifs. Il en va de même des moyens de guerre électronique à l’image de la suite SPECTRA française qui tient la dragée haute à l’AN/ASQ-239 américaine. Il reste évidemment la furtivité, cette capacité naturelle à dégrader la signature radar d’un avion et là oui le F-35A Lightning II l’emporte d’une très courte tête sur le Rafale plutôt considéré comme discret. Non la seule vraie différence entre les deux avions c’est la capacité de production et d’usinage. Dassault Aviation a tout d’un artisan face à la grosse machine industrielle qu’est Lockheed-Martin.
L’affrontement Rafale F4 versus F-35A Lightning II a donc tout du pot de terre contre le pot de fer, voire de David contre Goliath.
Et visiblement le Goliath qu’est l’administration Trump fait tout pour écraser ce pauvre David. Dernier exemple en date la visite la semaine dernière de Marco Rubio au Portugal. Le chef de la diplomatie trumpienne est-il allé en Lusitanie afin de renouer des relations amicales américano-portugaises quelques peu distendues depuis l’affaire des droits de douanes ? Même pas non. Rubio était mandaté par Donald Trump, et sans doute en sous-main par le complexe militaro-industriel des USA, afin de forcer la main des Portugais autour du Lockheed-Martin F-35A Lightning II. La récente relance du processus de remplacement des F-16MLU Fighting Falcon de la Força Aérea Portuguesa pourrait bien être vu par le Président des États-Unis comme un affront personnel. Il faut dire que les Américains croyaient dur comme (pot de) fer que leur chasseur furtif avait déjà gagné sur place. Et puis non il y eut la volte-face portugaise et des informations de plus en plus prégnantes autour d’une possible acquisition de l’avion français.
L’Amérique déteste le Rafale. Et elle a bien raison car l’avion français est le cailloux dans la chaussure de son industrie aéronautique. Il l’a emporté en Inde face au Boeing F/A-18E/F Super Hornet, mais aussi en Indonésie face au Boeing F-15EX Eagle II, et intéresse de près Taïwan. L’Amérique le hait ,enfin surtout le vieux locataire de son bureau ovale.
Paradoxalement en exercices internationaux les pilotes de l’US Air Force et de l’US Navy ne tarissent pas d’éloges autour du Dassault Aviation Rafale. Eux savent reconnaître un bon avion, voire même une exceptionnelle machine !
On pourrait croire que le coup de pression de Marco Rubio n’eut été qu’un épiphénomène, une sorte de caca nerveux de Donald Trump. Il n’en est rien. Le chaos en Amérique du Sud autour de signatures de contrats F-16 Viper est encore une preuve de la fébrilité de l’administration Trump dès lors que le Dassault Aviation Rafale F4 entre dans l’équation. Résultat les Colombiens vont devoir conserver leurs Kfir tandis que les Péruviens en feront de même avec leurs Mirage 2000P. Et pourtant ces derniers ont bien commandé l’avion américain mais sous une pression telle que seule la moitié des besoins seront couverts.
On sait aujourd’hui qu’un intérêt pour le Rafale F4 inquiète plus que tout autre à Washington DC : le Maroc. Et si la poule (nord-africaine) aux œufs d’or échappait à l’Amérique. Boeing à des vues sur le royaume chérifien identifié comme un marché potentiel pour son F-15EX Eagle II. Or ce dernier a toujours perdu face à l’avion français.
On avait pris l’habitude que les Chinois et les Russes tapent à bras raccourci sur notre fleuron national. Ça avait même tendance à un peu nous faire rire. Quand les Israéliens s’y sont mis eux aussi ça n’a pas été pris beaucoup plus au sérieux aux vues du ridicule de leur démarche. Les attaques américaines sont plus insidieuses, plus vicieuses, plus pernicieuses car elles proviennent d’un pays allié de la France, une nation amie depuis 250 ans. Et bizarrement celles-ci ne me font pas marrer du tout. Bizarre non ?
Affaire à suivre.
Photo © Dassault Aviation
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Une réponse
Comme tout empire qui se respecte, les tentatives d’hégémonie américaine se retrouvent dans tous les domaines partout dans le monde : omniprésence du dollar US, tentative de récupération géographique, internet, IA… et j’en passe.
L’influence du complexe militaro-industriel à la sauce trumpienne n’est pas en reste.
Mais là où ça devient particulièrement agaçant (un euphémisme…) c’est le comportement vassal et inconditionnel de certains pays européens vis-à-vis de l’oncle Sam.
Mette Fredriksen la Danoise se fait insulter au téléphone par l’agent orange, et hop, elle passe une commande de F35.
Sleepy Joe passe en Suisse, et hop, une commande….. et là, je ne vous parle pas d’une certaine blague belge. Quant aux Allemands, quand cesseront-ils enfin de faire systématiquement amende honorable et de se mettre à genoux vis-à-vis de leur « libérateur » ?
Les Espagnols se font traîner dans la boue. Et que va-t-il se passer pour leur aéronavale ?
J’ose espérer que nos amis portugais ont bien en tête le fiasco helvéte et qu’ils fassent le bon choix après la visite du VRP Marco.